mercredi 22 février 2017

Cochonfucius et le rêve: Sonnet du trou noir



Image de Pierrette


Un érudit rêva qu'il était un trou noir.
Ce jour-là, on fêtait la sainte Madeleine,
Et le trou noir était plus gros qu'une baleine,
Aspirant le réel ainsi qu'un entonnoir.

Le lendemain matin, notre homme de savoir
Alla se promener sur les quais de la Seine,
Espérant vaguement y croiser un mécène
Ou bien, à la rigueur, un valet du pouvoir.

Sur les quais de la Seine abondent les touristes,
Mais les mécènes, non. Bien sûr, c'est un peu triste
Qu'un rêve aussi joli ne soit pas financé.

Pourtant les érudits, qui sont infatigables,
Poursuivent nuit et jour leurs travaux formidables,
Se changeant en trous noirs, à force de penser. 

Cochonfucius 

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Trou de sable

4 commentaires:

  1. Voir

    http://www.forum-metaphysique.com/t5553-petite-experience-personnelle#144330

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    1. Ouf, je viens de lire l'article sur les trous noirs et ma foi ... j'ai été contente d'y retrouver notre ami Isaac Newton.

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    2. Ouf, un signe de toi Cochonfusius ! J'ai imaginé le pire, la nef du cardiologue qui fonce sur un iceberg au beau milieu de la nuit et toi à son bord, un mauvais remake. Ouf, aussi, je suis arrivé à bout de la lecture de l'article que tu recommandes ici. Il est ardu cependant je ne regrette pas de l'avoir lu. Les textes agissent sur nous parfois comme des tableaux de maîtres. L'autre jour en formation, l’animatrice nous a demandé de commenter un Renoir, Le déjeuner des canotiers, et nous avons constaté que lorsque nous étions amené à choisir la scène la plus marquante de l’oeuvre, nous faisions rarement le même choix et que quand il en était ainsi nous interprétions la scène différemment et parfois même de manière opposée. Par exemple, là où l’un de nous avait vu en haut et à droite du tableau une femme gênée par l’insistance d’un homme à vouloir la séduire l’autre y a vu une femme attristée que ce même homme cherchait à consoler. Dans cet article, ce qui m’a interpellé c’est le début. Je ne suis pas entré dans le trou noir, disons plutôt que j’en suis devenu un, à la manière des érudits dont tu parles dans ce sonnet. Au début de l’article l’auteur évoque un lien entre joie et connaissance, ça m’a ramené à une citation de Saint grégoire de Nysse que j’ai utilisée dans mon dernier billet,

      http://heraldie.blogspot.fr/2017/02/blason-ville-pailhac-avec-retouche.html

      « Et celui qui monte ne s'arrête jamais d'aller de commencement en commencement par des commencements qui n'ont jamais de fin». J’ai substitué « commencement » par « connaissance » pour voir si la phrase tenait encore le coup, une expérience, et j’ai trouvé que ça avait aussi du sens, d’ailleurs elle s’accordait encore plus facilement ainsi avec la citation de Cioran qui a servi de point de départ à la réflexion que je développe dans ce billet et dans laquelle Cioran explique que la vérité est une « marotte » mais qu’il ne pouvait pas ne pas la chercher, s’attachant à décortiquer une idée jusqu’à ce qu’en jaillisse une autre et ainsi de suite et qu’ainsi il arrivait à se libérer de « lui-même et de tout ». Si je t’ai bien compris il se changeait lui aussi en trou noir. J’aime bien te lire Cochonfusius. Ce que je dis dans ce billet de Cioran, je pourrai en dire de toi, tes réflexions m’aident à décortiquer les idées et à en faire naître, me permettent de me transformer en « trou noir ». C’est une place enviable parmi toute, je cite encore Cioran ;

      “Regarder sans comprendre, c'est le paradis. L'enfer serait donc le lieu où l'on comprend, où l'on comprend trop…”

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    3. Après avoir fait cette substitution j’ai voulu approfondir ma réflexion, j’avais « viser une idée » et je voulais « tirer » pour reprendre les termes de Cioran dans la citation que j’ai utilisé dans mon billet. Comme je le fais toujours dans ces cas là, je me suis servi de Google, j’ai mis côte à côte les mots « joie » et « connaissance » et je suis tombé sur des liens vers le « Gai savoir » de Nietzsche (quel nom compliqué à orthographié !). Je me suis régalé. Pendant que je faisais la cuisine, j’ai écouté une émission de France Culture consacré à ce livre présenté par Raphael Enthoven et une certaine Paula dont je n’ai pas réussi à distinguer le nom de famille. Je ne suis pas fan de ce présentateur mais là c’était plutôt intéressant. En fait, je n’aime pas quand il interroge des invités parce qu’il ne les laisse pas parler, il n’arrive pas à s’effacer et ses questions sont des prétextes à l’expression de sa propre pensée. Là, en quelque sorte, il était l’invité et il était intéressant. L’avantage avec ces émissions c’est qu’ils choisissent les extraits les plus représentatifs de la pensée d’un auteur et parfois les font lire par des comédiens. C’est une bonne idée, les écrits des philosophes sonnent parfois comme de poèmes. Dans cette émission ce qui m’a le plus interpellé c’est le lien que Nietzsche fait entre douleur et création, en particulier dans l’aphorisme 87 où il explique que parfois l’artiste par vanité répugnait à descendre dans sa douleur « dans les recoins de maisons effondrées » au profit des "grands murs et les fresques audacieuses » et que pourtant c’était là "qu’il se montre grand et parfait ». Ca m’a interpellé parce que je connais la douleur, je crois savoir ce dont il veut parler et que je me demande si j’ai raison de la laisser venir en moi alors qu’il existe des moyens biologiques de la faire taire. Je la combat en écrivant, c’est plutôt efficace, la preuve, je suis encore vivant. Le problème ça n’est pas la douleur finalement, je sais la combattre, le problème c’est que je n’ai pas suffisamment de temps pour le faire. Je ne me donne pas assez de temps pour le faire plutôt, je dois travailler pour gagner de quoi vivre, matériellement. Malheureusement, tu le sais, les mécènes on ne les trouve pas plus sur les quais de la Seine que sur ceux de la Loire…

      Bon rétablissement cher Maître

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