mardi 3 janvier 2017

Que les loups se vivent de vent



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Dans une plaine, un loup se déplace à grands pas,
Déplorant que le temps ne soit plus à la guerre ;
Il a fait son souper de trois rongeurs vulgaires,
Acceptant sa pitance, il ne la choisit pas.

Un corbeau, quant à lui, n’a pris pour tout repas
Qu’un malheureux insecte abrité sous la terre ;
Il aurait préféré la chair d’un militaire,
Un de ceux qui sourient quand survient leur trépas.

Sur ces deux affamés, une nuit d’hiver tombe ;
Au bois, chaque refuge est plus froid qu’une tombe,
Ayez pitié du loup et du sombre corbeau !

Mais ces deux vagabonds ne baissent pas les armes,
Sachant que reviendra le printemps qui les charme,
Et que jamais l’hiver ne les mit au tombeau.