dimanche 1 janvier 2017

Nymphée

Blason du Robinson College


Le quadrige céleste à l’horizon descend,
Et, voyant fuir sous lui l’occidentale arène,
Le Dieu retient en vain de la quadruple rêne
Ses étalons cabrés dans l’or incandescent.

Le char plonge. La mer, de son soupir puissant,
Emplit le ciel sonore où la pourpre se traîne,
Tandis qu’à l’Est d’où vient la grande nuit sereine
Silencieusement s’argente le Croissant.

Voici l’heure où la Nymphe, au bord des sources fraîches,
Jette l’arc détendu près du carquois sans flèches.
Tout se tait. Seul, un cerf brame au loin vers les eaux.

La lune tiède luit sur la nocturne danse,
Et Pan, ralentissant ou pressant la cadence,
Rit de voir son haleine animer les roseaux. 



Heredia

(1842-1905)

1 commentaire:

  1. Heredia voit des rimes (Pays de Poésie 16-8-13)
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    Heredia, les sonnets dont tu m’ensorcelas
    Me font prendre aujourd’hui ma plume du dimanche
    Et sortir du tiroir l’album doré sur tranches
    Pour tâcher d’y répondre avec autant d’éclat.

    Mais tu es imbattable à ce noble jeu-là;
    Je reste confondu, devant ma page blanche,
    Je dois renoncer à l’impossible revanche,
    Avant de commencer, mon projet tombe à plat.

    J’aurais dû m’en douter. Ce plan mégalomane
    Était démesuré pour un rimeur profane
    Répétant après toi les mots par toi tressés.

    À présent, je me tais, ou plutôt je dis « Trêve
    De forfanterie, car, comme auteur du passé,
    Tu n’es point surpassable, Heredia, même en rêve. »

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