lundi 2 janvier 2017

Modestie perfide

Sceau Tranchelion de 1540 


Souvent je fais de moi mon propre procureur,
Je m’accuse dès lors d’être un être stupide.
Or, se sous-estimer est modestie perfide*,
Bien que j’en sois conscient, je poursuis dans l’erreur.
Pourquoi être toujours mon propre dénigreur ?
Peut-être je me fie au jugement morbide,
Qui m'avait convaincu que j’étais insipide,
Fait par l'instituteur qui m’avait en horreur ?
Mais d’un autre côté, au cours de mes études
D’autres m'ont reconnu de bonnes aptitudes ;
Mon cursus scolaire leur a donné raison.
J’aimerais tant avoir plus confiance en moi-même
Pour oser m’attaquer aux multiples problèmes
Qui actuellement obstruent mon horizon.

 Vincent

* « Bien partir n’est pas le tout. Il faut en toutes les entreprises une obstination héroïque. Quand il s’agit d’apprendre le violon, l’équitation ou l’escrime, chacun comprend qu’il faut recommencer bien des fois, et ne jamais céder à la tentation de se croire mal doué, ce qui est un genre de modestie très perfide. Or le courage de ceux qui apprennent ces choses devrait faire rougir ceux qui manquent de patience dans l’apprentissage qu’ils ont choisi. Et ce qui importe, quand l’apprenti croit qu’il manque de bonheur ou d’adresse, c’est que le maître lui rappelle et lui prouve qu’il manque seulement de courage. Ce reproche pique comme il faut. L’éducation est ce précieux moment où la lutte contre l’obstacle extérieur peut toujours être changée en une lutte contre soi. Il est rare que l’homme cède à lui-même. C’est ainsi que je formerais l’enfant à chercher et à aimer la difficulté. »
Alain

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De gueules à un lion d'argent couronné et langué d'or, une manche vairée dans la gueule, transpercé en bande d'une épée d'azur garnie d'or