dimanche 22 janvier 2017

Arbre à vent

 
image de l’auteur


Cet arbre à son devoir jamais ne se soustrait ;
Son souffle merveilleux produit le vent qui vole
Et fait aux alentours danser les herbes folles,
Sublime inspiration pour des peintres abstraits.

On l’entend, certains soirs, prononcer des paroles
Comme pourrait le faire un promeneur distrait ;
De la brise invisible il brosse le portrait,
Ou chante les exploits de la tornade folle.

Branches de ce bel arbre où les vents font leur nid,
Je sais que vos rameaux croissent à l’infini ;
Encore vous avez de longs siècles à vivre.

Végétal ou zéphyr, lequel plus longtemps vit ?
La mort, c’est bien possible, ensemble les ravit,
Quand la friche, autour d’eux, disparaît sous le givre.

7 commentaires:

  1. D'habitude les vents agitent les branches des arbres mais ici en Héraldie, ce sont les arbres qui produisent les vents, eh oui, c'est comme ça.

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  2. J’ai retranscris une interview de Georges Perrec par Viviane Forrester que j’ai trouvée sur le site l’INA ;

    GP - En fait je considère mon activité d’écrivain un peu comme le métier de chercheur. Un peu comme si… Dans mon métier je côtoie beaucoup de chercheur de la recherche scientifique…

    Viviane Forrester - Votre métier ?

    GP - Oui, dans mon gagne pain disons.

    VF - Et c’est quoi ?

    GP - Je travaille à la recherche scientifique, je fais de la documentation pour des neurophysiologistes mais je connais aussi des chercheurs en mathématique en physiologie en psychologie, en biologie, finalement travaillent sur un programme de recherche, font de la recherche fondamentale qui n’a pas d’application qui est simplement d’aboutir à une plus grande connaissance du monde. Or ils sont rétribués mensuellement pour ce travail. Moi je pense que je fais la même chose avec des dictionnaires avec le langage, avec une certaine forme de sensibilité, je concevrais totalement d’être payé comme un chercheur littéraire.

    VF - C’est un métier de chercheur !

    GP - Un chercheur qui fait des mathématiques qui résout des équations, personne ne lui demande de compte alors que moi je dépends de la vente de mes livres et comme mes livres ne se vendent pas suffisamment, je suis obligé de travailler comme tous les écrivains.

    VF - Et c’est très injuste en fait parce que c’est une recherche essentielle celle sur le langage, la recherche scientifique est basée là-dessus non ?

    GP - Je ne veux pas me plaindre parce que je dois dire qu’en ce qui concerne l’écriture je suis… Je crois ce que l’on pourrait appeler un écrivain heureux. Je pense parce que d’abord ce métier est un métier qui m’intéresse et qui n’interfère pas du tout avec mon activité d’écriture, dans le monde dans lequel on vit dans lequel on n’admet pas que l’activité d’écrivain soit identique à celle d’un chercheur, ce qui est un grand dommage, je pense que j’ai une situation privilégiée.

    VF - Et vous ne faites pas du tout de complexe de faire la recherche littéraire au milieu de vos amis qui font de la recherche scientifique, vous n’avez pas du tout l’impression que c’est une petite fantaisie que vous vous faites cela comme on fait de la broderie ou….

    GP - Ah non pas du tout !

    VF - C’est un peu ça, c’est un complexe que beaucoup d’écrivains ont.

    GP - Moi je ne l’ai pas, peut-être que des chercheurs de la recherche scientifique ont ce complexe pour moi, qu’ils se disent qu’est-ce que c’est que ces jeux sur le langage, que l’utilisation de grilles mathématiques, pourquoi l’appliquer à la littérature ? Et bien pourquoi.

    Fin de l'extrait

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  3. Voilà sa source ; « Chemins », diffusé le 22 mars 1976.

    Pour ma part, je pense que les chercheurs ont des comptes à rendre contrairement à ce que dis Perec et je pense que nous aurions alors des écrivains d’état, donc qui ne seraient plus libres. Pour écrire il faut déjà se libérer de sa propre prison, ce qui n’est pas une mince affaire, c’est pas pour se rajouter des barreaux ! Certes l’art est subventionné par l’état parfois mais sans être un spécialiste, je ne pense pas que ce soit parmi les artistes subventionnés que l’on trouve les plus créatifs, en tous les cas ceux qui sont le plus utiles à la société. Je pense particulièrement à ces artistes qui dépeignent dans leur art un portrait de la société qui déplait au pouvoir, des artistes « engagés - enragés ». Quand j’étais adolescent, les groupes Punks ont compté beaucoup pour moi, je me reconnaissais dans leur refus d’un monde dirigé par l’argent, leur engagement contre le racisme, bref dans leur révolte pour plus de justice, ils étaient porteurs d’espoir bien qu’ils aient écris sur leur blousons noir « NO FUTURE », un paradoxe. D’ailleurs, je les écoute toujours, les Clash en particulier, ils avaient une autre devise « THE FUTURE IS UNWRITTEN », ils chantaient « London calling, Combat Rock, I thought the Law… », je pense aussi aux artistes qui aux états-unis ont combattus contre la guerre du Vietnam, j’ai en tête le son de la guitare de Jimmy Hendrix jouant à Woodstock l’hymne américain, la distorsion qui sortaient de sa guitare valait tout les discours du monde, toutes les photos, tout y était, elle disait qu’il avait mal à son pays pour ce qu’il faisait là-bas, elle disait la souffrance des peuples, des deux. Combien de milliers de victimes américaines et Vietnamiennes son oeuvre à permis d’épargner ? Nous ne le saurons jamais mais il a sans doute beaucoup contribué à réveiller les consciences. Je ne dis pas « éveiller » parce que je pense qu’il fut un temps, où notre conscience était présente dans son intégralité, quand nous étions enfants, il n’y a qu’à croiser le regard d’un nourrisson, son innocence désarmante. René Char était des poètes et des combattants, je veux dire par les armes sonnantes et faisant trébucher, quand il était résistant. Quand il s’agissait de se battre pour la liberté, il était sur tous les fronts, poète et soldat d’où son nom de famille ;). Sinon et pour terminer à propos de cet extrait de Perec, à un moment il dit qu’il fait la même chose que les chercheurs, il énumère ses outils, dictionnaires, langage… et il parle aussi « d'une certaine forme de sensibilité » et juste après avoir écouté cette interview je suis tombé sur cette citation de Nicolas de Staël ;

    “Le large est à tout le monde, seulement chacun a des narines différentes pour en percevoir ce qu’il peut”


    Les narines des artistes sont surdimensionnées alors, celles de Perec comme celles de Staël.

    Je serais curieux d’avoir l’avis de Cochonfusius sur ces questions, en particulier sur la question de la comparaison que Perec fait entre le travail de chercheur et celui d’artiste, mais je suis preneur de tout commentaire bien entendu.

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    1. Le point commun entre les chercheurs et les artistes, c'est qu'ils sont explorateurs.

      Comme jadis les missionnaires en Chine et au Tibet, ou même, chez les Papous.

      Être ou non titulaire de la fonction publique, c'est secondaire.

      À l'époque Tang, deux poètes furent amis, Han Shan et Shi De. Le premier, un ermite, et le second, un moine-cuisinier (et partageur).

      On voit de cela dans nos établissements de recherche.

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  4. Ce que tu me dis me ramène à un souvenir de jeunesse, aussi, un peu plus tardif. J'étais étudiant à Paris quand j'ai rencontré un gars qui logeait dans le même résidence universitaire que moi. Un canadien lacanien. Il faisait un double cursus, un DEA en psychanalyse et un doctorat en théologie, mais avant de se lancer dans ces études, il faisait de la recherche scientifique, de la physique quantique si je me souviens bien. Je précise aussi qu'il était frère d'une communauté religieuse. Un soir, je lui ai demandé pourquoi il était passé de l'un à l'autre. Il m'a répondu qu'il s'intéressait à la physique parce qu'il cherchait à comprendre l'origine du monde. Il a changé de fusil d'épaule parce qu'il sentait que ce domaine ne répondrait plus à ses questions. En fait c'est un de ses professeurs qui ne sachant que répondre aux questions qu'il lui posait l'a orienté vers la théologie, m'a t'il dit. C'était un étudiant spécial. Il avait une amplitude de travail époustouflante. Levé très tôt et couché très tard, je ne lui connaissait pas de loisir. On prenait un peu le temps de discuter. Ca m’a été très utile, c’était quelqu’un, et je suppose qu’il l’est resté, de très attentif aux autres, le peu de temps qu’il les côtoyait. Il faisait le bonheur des membres de l’école de la cause freudienne parce que grâce à ses connaissances en mathématiques il se sentait à l’aise avec les derniers développement qu’à donné Lacan à son travail, je ne suis pas un puriste mais il essayait, je crois, de modéliser sa théorie avec des outils mathématiques. Il était question de noeuds borroméens entre autre. On s’entendait bien et j’allais avec lui à ses réunions de travail sur ces questions-là. Je n’y comprenais pas grand chose mais j’aimais beaucoup cette atmosphère, ça cogitait, un bouillonnement. De temps en temps y’en avait un qui se levait et allait faire un dessin avec des sigles incompréhensibles au tableau. C’était dans les locaux du journal « Tétu" un journal gay. Je ne sais pas pourquoi ça ce passait-là. Des sommités en matière de psychanalyse participaient, des élèves de Lacan. Ils ont écrit un livre, sinon plusieurs, ensemble, c’était du sérieux, un des titres était « Le pliage du schéma de Freud ». Pourquoi je te parle de lui au fait ? Oui, le poète et le moine. J’aimais bien assister à ces soirées parce que je trouvais qu’il y avait une atmosphère poétique. C’était un peu de la poésie pour moi. Je trouvais ça beau, esthétiquement j’entend, les mots qu’ils employaient (Lacan lui-même jouait beaucoup avec les mots, il les faisait rebondir dans tous les sens), les dessins. J’avais l’impression de voir des artistes au travail. J’ai malheureusement perdu de vue cet ami, il est reparti au Canada, c’était il y a plus de vingt cinq ans, il est maintenant professeur agrégé à l’université de Montréal, il publie toujours beaucoup. Ne le répète pas, mais je le regardais travailler avec envie. J’ai fait autre chose, j’avais déjà une famille quand j’ai arrêté mes études, mais j’aurais bien continué. Je l’ai d’ailleurs fait dès que j’en ai eu l’occasion, une maîtrise de psychologie par correspondance. Je me suis arrêté là, parce que j’étais arrivé à l’endroit où je voulais aller au niveau de mon questionnement. Je ne suis pas tenté d’aller plus loin, tout du moins de cette manière parce que je continue à chercher mais pas dans le cadre d’un enseignement dirigé. Tu as mis un « like" une fois à un tanka que j’avais fais il y a un bon moment déjà, je trouve que tu choisis très bien les endroits où tu « likes » soit dit en passant et c’est encourageant de te voir apprécier certaines de mes productions ;

    De l’art ou du cochon

    L’art donne à penser
    Le lard donne de la panse
    L’art donne à panser

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  5. J’y repense maintenant alors que je m’interroge sur ce que je suis tenté de faire. Je suis tenté de laisser vagabonder mon esprit. Le lâcher un peu, beaucoup, il en peut plus d’être entravé. Il a envie d’aller où bon lui semble. Ces derniers temps, c’est ce que j’ai fais un peu plus qu’à l'habitude d’où les aventures de Mirabelle et autres textes, d’où ce texte. Penser a quelque chose d’apaisant. Penser me mène à l’écriture. C’est un travail d’écrire en même temps que c’est très apaisant. Des fois je me dis qu’il n’y a qu’en écrivant que je trouve la paix, c’est chiant parce que je suis comme Perec, je ne veux pas dire que j’ai son talent !!!! je veux dire que comme lui j’ai besoin de manger et mes enfants aussi alors je suis obligé de mettre ma pensée dans une cage de temps en temps, elle fait la gueule, elle me crie dans les oreilles, elle s’impatiente. Perec, W ou le souvenir d’enfance, quel chef-d’oeuvre ! C’est un peu pareille que The star Spangled Banner de Jimmy Hendrix ce livre, il dit l’horreur de ce qu’étaient les camps de concentration, sans nous mettre des photos sous le nez, sans en faire une description « scientifique » comme le ferait un historien, avec des mots certes, pas avec le son d’une guitare, mais des mots utilisés d’une certaine manière, poétique je vais dire, et au bout du compte l’émotion passe, il réveille les consciences lui aussi. Du grand art.

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