samedi 10 décembre 2016

Pavillon de l’ambiprophète



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L’ambiprophète usé voit tout d’un regard morne ;
Il prêcha cinquante ans, et cela fut en vain,
Donc, il reste chez lui, buvant d’assez bon vin,
De la sobriété respectant bien les bornes.

Autrefois, son amie, la licorne à bicorne,
Partageait avec lui ce breuvage divin,
Ainsi que des sorciers, des mages, des devins,
Et même l’ange vert aux plumes de tadorne ;

Mais les uns sont partis, et les autres sont morts,
Tombés comme la feuille ; elle accepte son sort
Et se va reposer dessus l’argile rouge.

Mais lui, l’ambiprophète, est resté bien vivant,
Contemplant son jardin que caresse le vent
Sans lequel, en ces lieux, rien, ou presque, ne bouge.