dimanche 11 décembre 2016

L’Ara de ville et l’Ara des champs



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Non, jamais l’ara de ville
N’invita l’Ara des champs
À manger du crocodile
Suivi d’une part de flan.

Rarement l’ara convie
Son collègue ou son ami
À sa table bien servie ;
Un seul couvert y est mis.

Je ne sais pas s’il apprête,
Dans sa cuisine un festin ;
Mais il ne fait pas la fête,
Il se lève le matin.

Pas de grillade estivale,
Pas d’orchestre, pas de bruit,
Pas d’orgie dominicale,
Même si la lune luit,

Ce n’est pas un oiseau-lyre ;
C’est un oiseau couche-tôt,
Nous avons entendu dire
Qu’il voit des gens matinaux.

Ce volatile est rustique,
Et sa vie est sans émoi,
Tous ses jours sont identiques,
Jamais plus chauds, ni plus froids.

Pourquoi vouloir interrompre
Le cours des temps sans loisirs ?
Être sobre est un plaisir
Que je ne veux pas corrompre.