mardi 13 décembre 2016

Hommage à François d’Assise



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Notre soeur Mort est plus sereine
Que nous, face à notre destin ;
Elle est là, comme une marraine,
Invitée à tous nos festins.

Si cela nous fait de la peine,
Relisons nos auteurs latins :
Ils ont su contempler, sans haine,
Cela, qui n’est que trop certain.

Et que cela nous aide à vivre,
À nous plonger dans de bons livres,
À cultiver notre savoir ;

Car, si le trépas nous désarme,
Nous n’y gagnerons que des larmes ;
Je n’ai besoin d’un tel avoir.

1 commentaire:

  1. La Mort et le Bûcheron

    Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée,
    Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
    Gémissant et courbé marchait à pas pesants,
    Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
    Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
    Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
    Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?
    En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
    Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
    Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
    Le créancier, et la corvée
    Lui font d'un malheureux la peinture achevée.
    Il appelle la mort, elle vient sans tarder,
    Lui demande ce qu'il faut faire
    C'est, dit-il, afin de m'aider
    A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère.
    Le trépas vient tout guérir ;
    Mais ne bougeons d'où nous sommes.
    Plutôt souffrir que mourir,
    C'est la devise des hommes.

    Jean de La Fontaine

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