vendredi 16 septembre 2016

Jean de La Ceppède (vers 1550-1624) : sonnet 2.



Blason de François Viète

 
Elle exprimait encor la cause douloureuse
De ses pleurs, quand elle oit un petit bruit léger
A son dos: et soudain cette aveugle amoureuse
Se tourne et voit le Christ, mais c'est comme un étranger.

Ô femme, lui dit-il, quel deuil te peut ranger
A tant et tant de pleurs? Que cherches-tu pleureuse?
Ah, dit-elle, Seigneur, si ta main valeureuse
A mon Christ enlevé, où l'as-tu pu loger?

Dis-moi promptement, j'irai, j'irai le prendre.
Mais à qui penses-tu cette réponse rendre
Ô Marie, tu crois le Christ un jardinier?

Voire, il planta l'Edem: il sème, il rend fertile
Ton coeur de ses vertus, et d'un soin matinier
L'arrose des liqueurs que sa grâce distille.

3 commentaires:

  1. Réponses
    1. Voir

      http://www.paradis-des-albatros.fr/?poeme=la_ceppede/vers-la-plage-rosine-ou-le-soleil-s-eleve

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  2. Se rencontrer sans se rencontrer
    ------------------- Pays de Poésie 6-8-13

    Quand Marie-Madeleine a vu l’homme au jardin,
    Inconnu, semble-t-il ; et le sépulcre vide,
    Dans ces temps qui avaient cessé d’être limpides,
    L’air lui parut plus froid dans le froid du matin.

    Puis elle a reconnu le doux visage humain
    Qu’avait défiguré le supplice homicide.
    Alors qu’elle esquissait un geste fort timide,
    Elle entendit ces mots : « N’approche pas ta main ».

    Que répondre à cela, rien, selon l’Ecriture,
    Le Christ avec douceur dit des paroles dures,
    Du Père il accomplit l’auguste volonté.

    Elle caresse alors, de son regard modeste,
    L’homme qui appartient au royaume céleste
    Où dans quarante jours il devra remonter.

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