samedi 17 septembre 2016

Jean de La Ceppède et Cochonfucius: dialogue 1.



Le blason de Yasmine M. de la 4e2

 

Cette rouge sueur goutte à goutte roulante
Du corps de cet athlète en ce rude combat
Peut être comparée à cette eau douce et lente
Qui la sainte montagne en silence rebat. 

L’aveugle-né (qui mit tous les siens en débat
Pour ses yeux) fut lavé de cette eau doux-coulante,
Et dans le chaud lavoir de cette onde sanglante
Toute l’aveugle race en liberté s’ébat. 

Et l’un et l’autre bain ont redonné la vue,
Siloé du pouvoir dont le Christ l’a pourvue,
Et cettui-ci de sang de son propre pouvoir.

Aussi ce rare sang est la substance même
De son cœur, qui pour faire à nuit ce cher lavoir
Fond comme cire au feu de son amour extrême. 


***

 Vagabondage d’un lion 


Le roi des animaux suit la route brûlante,
Laissant pour aujourd’hui la chasse et le combat ;
Son corps avance au gré de sa démarche lente
Que rythme, au fil du temps, son puissant coeur qui bat.

Ce n’est le temps de rire, ou le temps du débat :
Tout au long du sentier, la rivière est coulante,
Où s’amuse la carpe, où la truite s’ébat ;
L’averse de juillet fait reverdir les plantes.

Cette sombre forêt, dont il aime la vue,
Est d’un aimable ombrage abondamment pourvue ;
Que lui importe, alors, tout son royal pouvoir ?

Voici ce qu’il ressent : un abandon extrême,
Un chroniqueur a dit qu’on a pu le voir, même,
Apporter quelques fleurs aux filles du lavoir.

_____


Parti de gueules et d'or aux deux lions passant superposés de l'un en l'autre, celui du chef étant contourné.

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