samedi 6 août 2016

Un sonnet de Jacques Lacan, écrit en 1933



 Blason des Forges

 
Παντα ῥει
 
Choses que coule en vous la sueur ou la sève,
Formes, que vous naissiez de la forge ou du sang,
Votre torrent n’est pas plus dense que mon rêve,
Et si je ne vous bats d’un désir incessant,

Je traverse votre eau, je tombe vers la grève
Où m’attire le poids de mon démon pensant ;
Seul il heurte au sol dur sur quoi l’être s’élève,
Le mal aveugle et sourd, le dieu privé de sens.

Mais, sitôt que tout verbe a péri dans ma gorge,
Choses qui jaillissez du sang ou de la forge,
Nature –, je me perds au flux d’un élément :

Celui qui couve en moi, le même vous soulève,
Formes que coule en vous la sueur ou la sève,
C’est le feu qui me fait votre immortel amant.




(Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Lacan#M.C3.A9decin_des_asiles_.281933-1953.29)


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D'or, à la flamme de gueules posée en barre mouvant du flanc dextre, accompagnée en chef d'une tenaille renversée posée en barre, et en pointe d'une enclume sommée d'un marteau renversé posé en barre, le tout de sable.
 

1 commentaire:

  1. Jacques Lacan n'a pas été plus loin dans cette voie, il a fini par créer sa propre forme de poésie, les propos du Séminaire.

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