vendredi 5 août 2016

Un oiseau lacanien


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Le faucon lacanien est un buveur de sève,
Il en fait du nectar, il la transforme en sang,
Il est Horus, le dieu dont le monde est le rêve,
Il parcourt le cosmos de son vol incessant,

Il franchit la montagne et plane sur la grève
Où voudraient l’affronter mille démons pensants ;
Il tourne autour d’une île, il plonge et puis s’élève,
C’est Horus le vainqueur, c’est Horus le puissant;

Nul tigre ne surgit pour le mordre à la gorge,
Il ne craint aucune arme issue d’humaine forge,
Il est maître du temps comme des éléments.

Le peuple contre lui jamais ne se soulève,
Son prêtre dit pour lui des oraisons, sans trêve :
Hathor, la Sainte Vache, en fera son amant.

3 commentaires:

  1. Réponses
    1. Un sonnet
      de Jacques Lacan, écrit en 1933 :

      Παντα ῥει


      Choses que coule en vous la sueur ou la sève,
      Formes, que vous naissiez de la forge ou du sang,
      Votre torrent n’est pas plus dense que mon rêve,
      Et si je ne vous bats d’un désir incessant,

      Je traverse votre eau, je tombe vers la grève
      Où m’attire le poids de mon démon pensant ;
      Seul il heurte au sol dur sur quoi l’être s’élève,
      Le mal aveugle et sourd, le dieu privé de sens.

      Mais, sitôt que tout verbe a péri dans ma gorge,
      Choses qui jaillissez du sang ou de la forge,
      Nature –, je me perds au flux d’un élément :

      Celui qui couve en moi, le même vous soulève,
      Formes que coule en vous la sueur ou la sève,
      C’est le feu qui me fait votre immortel amant.



      (Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Lacan#M.C3.A9decin_des_asiles_.281933-1953.29)

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