mercredi 27 juillet 2016

Le tao, moteur de l'univers.




 Yin Yang gigogne (dessin de Yannick C.)

 Le taoïsme est une philosophie de la vie, non une religion. Ses adeptes pensent qu'un principe unique fait fonctionner l'univers et garantit l'harmonie de la nature: le tao (ou dao). Selon eux, cette "force" se compose de deux énergies qui s'opposent et se complètent en permanence: le yin (féminin et passif, lié à la nuit, à la lune et au ciel) et le yang (masculin et actif, lié au jour, au soleil et à la terre). Les taoïstes les plus purs (maîtres spirituels et ascètes) conseillent le retour à la nature et cherchent à se fondre dans le tao en pratiquant la méditation.
Considéré comme le fondateur du taoïsme, Lao-Tseu (ou Lao-zi) aurait vécu en Chine au VI ème siècle avant J-C. Mais son existence historique n'est pas prouvée. La légende raconte qu'un jour, il entreprit un grand voyage vers l'Ouest. A la frontière de l'Empire, un garde l'obligea à laisser un recueil de son enseignement avant de partir. Lao-Tseu ne se démonta pas et rédigea en trois jours le Daodejing (le Livre de la Voie et de la Vertu), l'ouvrage de référence du taoïsme. Puis le vieux maître monta sur un buffle et disparut à jamais.

3 commentaires:

  1. Passif, actif, nuit, jour, soleil, lune, ciel , terre, une belle définition de l'énergie de l'être humain.

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    Réponses
    1. L'histoire du douanier, par Bertolt Brecht :


      « Âgé de soixante-dix ans et déjà bien fatigué,
      le maître aspirait à la tranquillité,
      alors que dans le pays, le déclin du bien,
      une fois de plus, annonçait l’avènement du mal.
      Aussi il laça ses chaussures.
      Et mit dans un sac ce dont il avait besoin :
      peu de choses en vérité. Juste ça et ça.
      La pipe qu’il aimait fumer le soir
      et le petit livre qu’à toute heure il lisait.
      Un morceau de pain blanc.

      Il se réjouit en regardant une dernière fois la vallée,
      puis l’oublia quand il aborda le sentier montagneux.
      Le buffle, satisfait, broutait çà et là un peu d’herbe tendre
      tout en avançant, le vieillard sur son dos.
      De toutes façons, celui-ci trouvait qu’il allait bien assez vite pour lui.

      Le quatrième jour du voyage entre rocs et rocs
      ils furent arrêtés par un douanier :
      — Quelque chose à déclarer ? — Rien.
      Mais le garçon qui conduisait le buffle dit : — C’est un maître.
      Et le douanier comprit.

      Touché par cette réponse, l’homme
      lui demanda : — Et il t’a enseigné quelque chose ?
      Le garçon répondit : — « Que la fluidité de l’eau,
      avec le temps, est victorieuse de la pierre ».
      Vous comprenez : le dur est vaincu.

      Pour ne pas perdre les dernières lueurs du jour
      le garçon aiguillonna le buffle.
      Et tous trois disparurent bientôt derrière un pin obscur.
      Mais, soudain, notre homme se précipita
      et leur cria : — Eh, vous, attendez !

      — Qu’en est-il de cette eau, Vénérable ?
      Le Vieillard lui demanda : — Cela t’intéresse ?
      L’autre répondit : — Je ne suis qu’un douanier certes,
      mais savoir qui peut vaincre qui, oui cela m’intéresse.
      Si tu le sais, dis-le moi !

      Ecris-le pour moi ! Dicte-le à ce garçon !
      Tu ne peux emporter avec toi chose pareille.
      Viens chez moi, il y a du papier et de l’encre,
      et aussi de quoi dîner : j’habite là-bas.
      Est-ce que ça te convient ?

      Le vieil homme lui jeta un regard par-dessus l’épaule :
      veste rapiécée, pieds nus,
      un front tout en rides.
      Ah, il n’avait pas vraiment l’air d’un vainqueur cet homme-là
      Et il murmura : — Toi aussi ?

      Il avait trop vécu pour repousser une demande
      aussi poliment faite.
      Aussi répondit-il à voix haute : — Qui fait une demande,
      mérite réponse. Le garçon ajouta : — Il commence à faire froid. Une pause nous ferait du bien.

      Le Vénérable descendit du buffle.
      Sept jours durant ils furent occupés à écrire.
      Le douanier leur apportait à manger (et ne jurait plus qu’à voix basse quand les contrebandiers approchaient).
      Ils finirent enfin.

      Au matin du huitième jour, le garçon remit à l’homme
      quatre-vingt-un aphorismes.
      Puis, le remerciant de son hospitalité,
      iIs tournèrent au coin du sapin et disparurent derrière les rochers.
      Dites-moi : peut-on être plus courtois ?

      Ne louons donc pas seulement le Vénérable
      dont le nom orne le livre !
      Puisqu’au Sage il faut dérober la sagesse,
      remercions aussi celui qui gardait le passage :
      c’est lui qui en fit la demande. »


      http://taoducoeur.free.fr/index2.php?fr=6

      et aussi

      https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/07/21/laotseu-transmet-la-voie-au-douanier/

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    2. Oui Pierrette, avec tous les "entre deux", un peu, beaucoup, l'aube et le crépuscule, basculement continuel de l'un vers l'autre.
      J'aime beaucoup cette représentation du Tao.

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