samedi 9 juillet 2016

De l'autre côté du miroir




 Image de Pierrette

Le plus étrange de tout était que les arbres et les autres objets autour d'elle ne changeaient absolument pas de place: aussi vite qu'elles aillent, il semblait qu'elles ne dépassaient rien.
" Je me demande si tout se déplace en même temps que nous", songea la pauvre Alice remplie de perplexité. (...)
Et elles allèrent si vite qu'à la fin elles semblaient fendre l'air en touchant à peine le sol de leurs pieds jusqu'au moment où, brusquement, alors qu'Alice se sentait totalement épuisée, elles s'arrêtèrent. Elle se retrouva assise par terre, à bout de souffle et tout étourdie.
La Reine l'adossa à un arbre et lui dit gentiment:
- Tu peux te reposer un peu.
Alice regarda autour d'elle avec surprise.
- J'ai bien l'impression que nous n'avons pas bougé de sous cet arbre. Tout est exactement comme c'était.
- Bien sûr dit la Reine. Qu'aurais-tu voulu qu'il se passe?
- Eh bien! dans notre pays à nous, dit Alice en pantelant encore un peu, on arrive quelque part ailleurs... si on court très vite pendant longtemps comme nous l'avons fait.
- Quel pays lent! dit la Reine. En fait, ici, vois-tu, il faut courir autant qu'on le peut pour rester au même endroit.

Lewis Carrol, De l'autre côté du miroir, trad. de M.Laporte, Librairie Générale Française, 2010

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Equipolé d'argent et de gueules, le 1 au lion assis, le 3 au lion rampant, le 5 au lion rampant regardant, le 7 au lion sautant, le 9 au lion couché, d'or.

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