jeudi 23 juin 2016

Sonnetisation du brevet des collèges 2016

-Texte initial :

      " C'est très long, quand on ne voit même pas la fumée de sa pipe, quand l'homme qui est tout près n'est plus qu'une masse d'ombre indistincte, quand la tranchée pleine d'hommes s'enfonce dans la nuit, et se tait. Sous les planches les gouttes d'eau tombent, régulières. Elles tombent, à petits claquements vifs, dans la mare qu'elles ont creusée. Une... deux... trois... quatre... cinq... Je les compte jusqu'à mille. Est-ce qu'elles tombent toutes les secondes?... Plus vite: deux gouttes d'eau par seconde, à peu près; mille gouttes d'eau en dix minutes... On ne peut pas en compter davantage. 
      On peut, remuant à peine les lèvres, réciter des vers qu'on n'a pas oubliés. Victor Hugo; et puis Baudelaire; et puis Verlaine; et puis Samain... C'est une étrange chose, sous deux planches dégouttelantes, au tapotement éternel de toutes ces gouttes qui tombent... Où ai-je lu ceci? Un homme couché, le front sous des gouttes d'eau qui tombent, des gouttes régulières qui tombent à la même place du front, le taraudent et l'ébranlent, et toujours tombent, une à une, jusqu'à la folie... Une... deux... trois... quatre... Il n'y a pourtant, sur les planches, qu'une mince couche de boue. Depuis des heures il ne pleut plus. D'où viennent toutes les gouttes qui tombent devant moi, et mêlées à la boue enveloppent ainsi mes jambes, montent vers mes genoux et me glacent jusqu'au ventre? 

Le bois était triste aussi,
Et du feuillage obscurci,
Goutte à goutte,
La tristesse de la nuit
Dans nos coeurs noyés d'ennui
Tombait toute... 

   Les gouttes tombent au rythme de ce qui fut la Chanson Violette, je ne sais quelle burlesque antienne qui s'est mise à danser sous mon crâne... Une... deux...trois... quatre... 

    La planche était triste aussi 
Et de son bois obscurci,
Goutte à goutte... 

   Je vais m'en aller. Il faut que je me lève, que je marche, que je parle à quelqu'un..."
  Maurice Genevoix ,"La Boue", Ceux de 14, 1916.


- Sonnet dialogué de Laurent Dyrek, professeur de lettres,  à partir du texte de Maurice Genevoix "Dans la Boue" dans Ceux de 14 .

Blason de la famille de Cardaillac
(dessiné par O. de Chavagnac pour l’Armorial des As)


"Que je me lève, que je marche, que je parle
A quelqu'un" mais j'entends goutter à l'infini
Dans la tranchée encor la pluie a fait son nid
Qui va là ? c'est Simon ? c'est Guillaume ? c'est Charles ?

- C'est ton copain Henri, du régiment de Bar-le-
Duc, de la même classe, ici on est puni
Dans la boue et la peur. Je songe à ma Mony
L'absente de mes jours et de mes nuits près d'Arles

- J'ai composé hier une carte à ma Lou
Je parlais des obus d'artifice et du flou
Qu'est devenu le sol et du cri des visages

- Tiens bon encor la nuit et le jour à venir
L'avenir nous attend par-delà tous les tirs
Et les feux des canons plus crus que les orages
______ 

D’or à une épée de gueules garnie d’argent accostée de deux grenades de guerre de sable allumées de gueules à la bande d’azur brochant sur le tout chargée de trois étoiles d’argent à la champagne de gueules.

1 commentaire:

  1. Voir

    http://monsieurdyrek.canalblog.com/archives/2016/06/23/34003046.html

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