samedi 4 juin 2016

Orient et Occident


Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et, pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ;

Déjà le ciel aux Indes rougissait,
Et l'aube encor de ses tresses tant blondes
Faisant grêler mille perlettes rondes,
De ses trésors les prés enrichissait :

Quand d'occident, comme une étoile vive,
Je vis sortir dessus ta verte rive,
Ô fleuve mien ! une nymphe en riant.

Alors, voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour, honteux, d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'indique orient.

Joachim Du Bellay (1522-1560), L'Olive

3 commentaires:

  1. Saurons-nous réunir
    L'Orient et l'Occident,
    Pour un bel avenir
    Joyeux et souriant.

    Grâce aux poèmes
    Dame Pierrette
    Assurément

    Luciole

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    1. Luciole, toujours aussi imprévisible, c'est ce qui fait votre charme.

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  2. Mouette (pays de Poésie 15-8-13)
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    Un vieux poète en son crâne amassait
    Un grand troupeau de rimes vagabondes,
    Et, se perdant en rêveries profondes,
    Au long du soir, les chimères chassait.

    Dans le foyer, la braise rougissait ;
    Au fond du verre, un peu de bière blonde.
    Quelques oiseaux gazouillaient à la ronde,
    Et le papier de vers s’enrichissait.

    Près du canal, comme une flèche vive,
    Une mouette a, survolant les deux rives,
    Surgi du ciel, par surprise, en riant.

    Cet oiseau blanc dans la nouvelle aurore
    Fait que le jour de plaisir se colore
    Et d’un sourire apporté d’Orient.

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