jeudi 30 juin 2016

L'amour et la mer

(Blason d'Anglade)

À Philis

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

Pierre de Marbeuf, Recueil des vers, 1628.

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D'argent à un cep de vigne de sinople fruité de gueules soutenu de sable ; au chef ondé d'azur chargé de trois touffes d'herbe d'or.

1 commentaire:

  1. Coq de jour et coq de nuit (Pays de poésie 30-7-16)
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    Le monde entre le jour et la nuit se partage ;
    Or le ciel, ni la nuit, ni le jour, n’est amer,
    Il se veut rassurant pour la terre et la mer,
    Car il semble promettre un été sans orage.

    Coqs de sinople et d’or règnent sur les rivages,
    Et si leurs éperons sont durs comme du fer,
    Leur coeur est adouci par les parfums de l’air
    Qui leur tournent la tête, ainsi qu’un lourd breuvage.

    Leur mère leur apprit la tendresse au berceau.
    Ils ne sont pas grognons, comme sont les pourceaux,
    Nul ne les vit jamais se servir de leurs armes,

    Sauf s’ils sont sous l’effet d’un désordre amoureux :
    Et de tels jours, pour eux, sont parfois douloureux,
    Mais on les voit chanter au travers de leurs larmes.

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