dimanche 8 mai 2016

Un caviste fort consciencieux


Peinture d'Eduard von Grützner (1846-1925)

Quand la cloche du repas de midi eut sonné
Et que les moines s'ébranlèrent vers le réfectoire,
Sans se précipiter, en rang bien ordonné,
Le regard souriant et même jubilatoire,

(L'on savait que frère Maurice était de retour),
Celui-ci, justement, déjà à son office,
Se parlait en lui-même, sans le moindre détour :
« Dieu me pardonne mes faiblesses, elles sont sans malice !

L'on comprendra que je sois à goûter le vin
Avant de le servir, je ne suis point devin ;
De sa qualité, il faut bien que je m'avise,

Et plus d'un essai s'impose pour en bien juger.
Lors que je tiens la cruche, pas question de gruger
Mes bons frères ! C'est un principe et même une devise ! »

1 commentaire:

  1. Maître Blasonneux,
    Vous allez vous faire des ennemis dans les ligues de tempérance et frère Maurice risque l'expulsion, la défroque, et peut-être même l'excommunication !
    Ne devriez-vous pas couvrir ses fautes plutôt que de les rendre publiques ?

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