samedi 7 mai 2016

Les animaux des fables

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Ils sont parfois coureurs, ils ont parfois des ailes,
(Ces derniers sont souvent sur un arbre perchés),
La Fontaine entendait leur langue maternelle ;
Le renard, bien souvent, fait les autres marcher.

Le fabuliste, ici, les montre avec tendresse ;
Nous captons son discours, nous rions avec lui,
Ainsi, cet âne gris voudrait une caresse,
Mais ce voeu, mal compris, lui vaut quelques ennuis.

Jeannot, tu ne plus pas aux princes de l’Église,
lls n’ont guère, envers toi, montré leur charité ;
Mais, point trop dépourvu lorsque survint la bise,
Tu vécus tes vieux jours, chaudement abrité.

4 commentaires:

  1. Que symbolisent le cerf et les toiles d'araignées sur ce blason, Cochonfucius?

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    1. Le cerf est pour la fable "L'oeil du maître", et les toiles pour "La goutte et l'araignée".

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  2. L'Oeil du Maître

    Un Cerf s'étant sauvé dans une étable à boeufs
    Fut d'abord averti par eux
    Qu'il cherchât un meilleur asile.
    Mes frères, leur dit-il, ne me décelez pas :
    Je vous enseignerai les pâtis les plus gras ;
    Ce service vous peut quelque jour être utile,
    Et vous n'en aurez point regret.
    Les Boeufs à toutes fins promirent le secret.
    Il se cache en un coin, respire, et prend courage.
    Sur le soir on apporte herbe fraîche et fourrage
    Comme l'on faisait tous les jours.
    L'on va, l'on vient, les valets font cent tours.
    L'Intendant même, et pas un d'aventure
    N'aperçut ni corps, ni ramure,
    Ni Cerf enfin. L'habitant des forêts
    Rend déjà grâce aux Boeufs, attend dans cette étable
    Que chacun retournant au travail de Cérès,
    Il trouve pour sortir un moment favorable.
    L'un des Boeufs ruminant lui dit : Cela va bien ;
    Mais quoi ! l'homme aux cent yeux n'a pas fait sa revue.
    Je crains fort pour toi sa venue.
    Jusque-là, pauvre Cerf, ne te vante de rien.
    Là-dessus le Maître entre et vient faire sa ronde.
    Qu'est-ce-ci ? dit-il à son monde.
    Je trouve bien peu d'herbe en tous ces râteliers.
    Cette litière est vieille : allez vite aux greniers.
    Je veux voir désormais vos bêtes mieux soignées.
    Que coûte-t-il d'ôter toutes ces araignées ?
    Ne saurait-on ranger ces jougs et ces colliers ?
    En regardant à tout, il voit une autre tête
    Que celles qu'il voyait d'ordinaire en ce lieu.
    Le Cerf est reconnu ; chacun prend un épieu ;
    Chacun donne un coup à la bête.
    Ses larmes ne sauraient la sauver du trépas.
    On l'emporte, on la sale, on en fait maint repas,
    Dont maint voisin s'éjouit d'être.
    Phèdre sur ce sujet dit fort élégamment :
    Il n'est, pour voir, que l'oeil du Maître.
    Quant à moi, j'y mettrais encor l'oeil de l'Amant.

    Jean de La Fontaine.

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  3. La Goutte et l’Araignée


    Quand l’Enfer eut produit la Goutte et l’Araignée,
    « Mes filles, leur dit-il, vous pouvez vous vanter
    D’être pour l’humaine lignée
    Également à redouter.
    Or, avisons aux lieux qu’il vous faut habiter.
    Voyez-vous ces cases étroites,
    Et ces palais si grands, si beaux, si bien dorés ?
    Je me suis proposé d’en faire vos retraites.
    Tenez donc, voici deux bûchettes ;
    Accommodez-vous, ou tirez.
    – Il n’est rien, dit l’Aragne, aux cases qui me plaise. »
    L’autre, tout au rebours, voyant les palais pleins
    De ces gens nommés médecins,
    Ne crut pas y pouvoir demeurer à son aise.
    Elle prend l’autre lot, y plante le piquet,
    S’étend à son plaisir sur l’orteil d’un pauvre homme,
    Disant : « Je ne crois pas qu’en ce poste je chomme,
    Ni que d’en déloger et faire mon paquet
    Jamais Hippocrate me somme. »
    L’Aragne cependant se campe en un lambris,
    Comme si de ces lieux elle eût fait bail à vie,
    Travaille à demeurer : voilà sa toile ourdie,
    Voilà des moucherons de pris.
    Une servante vient balayer tout l’ouvrage.
    Autre toile tissue, autre coup de balai.
    Le pauvre bestion tous les jours déménage.
    Enfin, après un vain essai,
    Il va trouver la Goutte. Elle était en campagne,
    Plus malheureuse mille fois
    Que la plus malheureuse Aragne.
    Son hôte la menait tantôt fendre du bois,
    Tantôt fouir, houer. Goutte bien tracassée
    Est, dit-on, à demi pansée.
    « Oh ! je ne saurais plus, dit-elle, y résister.
    Changeons, ma sœur l’Aragne. » Et l’autre d’écouter :
    Elle la prend au mot, se glisse en la cabane :
    Point de coup de balai qui l’oblige à changer.
    La Goutte, d’autre part, va tout droit se loger
    Chez un prélat qu’elle condamne
    À jamais du lit ne bouger.
    Cataplasmes, Dieu sait ! Les gens n’ont point de honte
    De faire aller le mal toujours de pis en pis.
    L’une et l’autre trouva de la sorte son compte,
    Et fit très sagement de changer de logis.

    Jean de La Fontaine

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