samedi 7 mai 2016

Lâm

Lâm


Trente.
Ciel enroulé dans Sa Ténèbre
Dont les six directions sont sans borne,
Ni espace, ni temps,
Sublime en Son Mystère,
Pure en Sa Profondeur,
Subtile et vide comme un berceau de lumière non irradiée,
Palais de la Puissance,
Tribunal de la Volonté,
Université de la Science totalisante,
Source de Vie universelle
Siège de l’audition sacrée,
Œil de toute vision intuitive,
Coffre-fort de la Parole synthétique,
Par Elle,
Ce qui était subtile évanescence prend corps
Et ce qui était préservé derrière les voiles
S’enveloppe du drap des apparences.
Si l’Ange annonciateur se tient entre l’Unique affirmé et le Messager agréé,
C’est que l’initiale est un pontife, comme un isthme,
Que le Verbe absolu de l’Alif primordial traverse
Pour atteindre le mîm de la Révélation
Dans le parachèvement du manifesté.
Car l’initiale est la mère des secrets du Subtil !
Issu du monde de la Puissance,
Le monde de la Royauté se nomme désormais UN sans second !
De Lui rayonne la Bonté de la miséricorde parfaite
Qui pénètre toute réalité et chaque être,
Depuis la Cité sûre et préservée
Jusqu’aux confins des mondes vassalisés.
Car nul ne saurait se soustraire à la douce tendresse qui s’incline !
A Lui, le monde des réalités allusives
Sans restriction aucune,
Que le voyageur n’atteint que par la science de l’au-delà des vocables.
A toi, l’âme subtile qui aspire ardemment au séjour cordial,
Le Chœur des cœurs assoiffés
qui se rassemblent en unisson
Pour chanter sans se lasser les versets de l’Amour !
A toi, les lueurs des prémisses de ton aurore,
Les éclairs de ton midi
Et les clartés de ton crépuscule béni !
Toi qui chemines en ces contrées lointaines et rapprochées,
Pénètre dans les sentiers de ta nuit la plus profonde
Et voyage vers la rencontre lumineuse
De celle qui t’offrira l’amande, le rubis et la clé.
Deviens l’amoureux de l’Amour !
Invoque-Le du nom de ton choix
Car, quel que soit le nom que tu Lui donnes,
Sa réponse est : « Me voici, à toi ! »
Deviens l’amoureux de l’Amour 
Et le digne héritier du poète insensé
Qui fuyait son amante
Tant il était épris de son amour pour elle !
Son nombre est soixante-dix.
Source des quatre fleuves du Jardin
Issus de l’Arbre du Monde
Dont les fruits te parviennent sans que tu les cueilles,
Dont la ramure est le séjour des bienheureux.
Sous son ombre apaisée,
Moïse goûte la fraicheur du jour et de la nuit
Car il est l’arbre de la Compassion universelle.
Sur sa branche la plus haute,
S’invite la Colombe
Qui d’ordinaire habite le Jujubier le plus élevé,
Son œil porte en avant, en arrière, au-dessus et en-dessous.
Elle est suivie de l’Aigle dont la vision est pénétrante
Qui maîtrise l’inspir et l’expir, la systole et la diastole.
Sur les branches les plus basses,
Le Phoenix a élu domicile
Qui, sans se lasser, donne et reçoit sans contrainte,
Épousant toute les formes qui se présentent à lui.
Enfin, le ténébreux corbeau se dresse au pied de l’Arbre,
On le nomme « Dernier »,
Sur son dos, les êtres s’appuient et prennent leur envol
vers la patrie de l’Origine.


L'Arbre du Monde

11 commentaires:

  1. Jean d'Armes et l'un, pardonnez-moi, mais honnêtement, je ne comprends pas grand chose à votre style d'écriture. Pourtant je lis mais je n'arrive pas à entrer dans le sens du texte. C'est un peu contrariant.

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  2. J'avoue, Dame Pierrette, c'est parfois abscons.
    Le principe de cette série est que je liste les termes arabes qui ont pour initiale la lettre considérée,ici lâm.
    Ensuite, je fais un travail de recherche sur chacun de ces mots essentiellement dans les ouvrages d'Ibn Arabi mais d'autres aussi.
    Ensuite, j'observe, je réfléchis, j'attends et je fini par assembler tous ces éléments.
    Il y a aussi un travail sur la numérologie musulmane.
    Comprenant votre désarroi, je pense depuis longtemps à rédiger une note clé qui permettra au lecteur de s'y retrouver.
    En tout cas merci pour votre interêt.

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  3. Merci pour ces précisions, parlez-vous l'Arabe?

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    1. Non, mais j'ai quelques notions et de bons bouquins. :)

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  4. Quelques éléments de compréhension :
    30 est le nombre associé à la lettre lâm : le chiffre 3 représente le ciel et le 0 symbolise toujours le non manifesté.
    c'est pourquoi le poème commence par une allusion à la Ténèbre au singulier qui désigne justement la non manifestation. Pour parler plus clairement, la Ténèbre en ce sens supérieur c'est Dieu avant qu'il n'ait créé l'univers et l'homme.
    Dans ces compositions en rapport avec l'alphabet arabe, d'une manière générale, je commence par des considérations d'ordre métaphysique pour de degré en degré descendre au niveau de celui qui chemine sur la voie spirituelle.
    Dans ce dernier poème, tout tourne autour d'un des 99 noms de Dieu : al latif qui signifie le subtil.
    Ce terme est aussi un qualificatif de la Ténèbre en ce sens qu'elle n'apparaît jamais tout en étant présente à tous les degrés de l'existence et dans toutes les créatures.
    C'est ainsi qu'on dit de Dieu qu'il est le caché et l'apparent, l'inaccessible qui pourtant est plus proche de nous que notre veine jugulaire.
    Il faut aussi savoir qu'une des désignation de l'âme humaine est "latifa" en ce sens qu'elle entretient dans sa partie la plus élevée une étroite relation avec le coeur et que, dans sa partie la plus grossière, elle anime notre corps.
    Il est facile de voir dans cette dernière remarque le lien qu'il y a entre le caché et l'apparent.
    J'en viens à la dernière partie. Le nombre 70 est obtenu par l'addition du nombre de la lettre lâm et de celui de la lettre mîm : 30 + 40.
    Ce nombre nous renvoie à la lettre 'ayn qui symbolise la source et l'œil, d'où l'allusion aux fleuves du paradis et à l'arbre.
    La suite est un hommage à un petit traité d'Ibn Arabi qui s'intitule "l'arbre et les quatre oiseaux" qui est en lien direct avec le thème du poème.
    J'espère que ces quelques précisions vous aideront dans votre lecture.
    Je reste à votre disposition.

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    1. C'est une nouvelle écriture que vous réalisez là, une écriture de lettres arabes et de chiffres, vous libérez ces lettres et ces chiffres de leur contexte habituel, ils retrouvent ainsi leur puissance évocatrice. Je me disais qu'il était peut-être préférable de se laisser porter par les images que suggèrent vos vers plutôt que d'essayer de les comprendre rationnellement.

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  5. Ce que vous dites, Dame Pierrette, n'est pas contradictoire. On peut en effet, se laisser porter, mais une lecture rationnelle peut amener à des compréhensions fort surprenantes parfois et comment dire... Jubilatoires.
    Par ailleurs, sans verser dans une vulgarisation outrancière, quelques éléments d'explication ne seront pas inutiles.
    C'est pourquoi, je publirai dès que possible la note clé dont je vous parlais précédemment.

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    1. Oui certainement, vous avez raison, quelques éléments d'explication seront sûrement porteurs, je suis en fait impressionnée par l'ampleur de la tâche mais si vous vous lancez dans la rédaction d'une note clé, je serai l'une des premières à vous lire, soyez-en sûr.

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    2. Merci pour vos encouragements.

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  6. Vous méritez plus M. d'Armelin
    J'embrasse votre front et vos mains
    Bonne continuation et bon courage
    Dans ce bas monde souillé d'outrages.
    M.M

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  7. Sincèrement, je ne mérite rien. Mon individualité n'a pas plus d'importance que la cruche qui contient de l'eau.
    Merci à vous.

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