samedi 14 mai 2016

Bouddhas songeurs

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Les Bouddhas, même s’ils ont gardé forme humaine,
N’éprouvent nulle peur, lorsque leur vie s’enfuit :
Tranquilles sont leurs jours, tranquilles sont leurs nuits,
Ils prennent, pour boisson, les eaux d’une fontaine.

Sans ardeur, sans dégoût; sans travail et sans peine,
Acceptant, pour offrande, un bol de riz bien cuit,
Ils donnent quelques grains au corbeau qui les suit,
Puis contemplent, au ciel, une étoile lointaine.

Nul désir de pouvoir ne les tient en ses liens,
Nulle soif n’est en eux d’amonceler des biens,
Quant à leur gourmandise, elle est bien assouvie.

Mais, dans leur paradis, je ne crois pas aller,
Et, quant à leurs vertus, puis-je les égaler ?
Même avec ses douleurs, autant vaut cette vie.

Cochonfucius

11 commentaires:

  1. Moi aussi je ne crois pas aller dans leur paradis. En fait Cochonfucius, j'espère qu'au paradis je pourrais encore écrire des contes héraldiques à partir de vos blasons-sonnets.

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  2. "Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons."
    Sigmund Freud

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  3. Je pense qu'aimer est une grande force et aussi un grand risque, grand risque puisque aimer signifie aller au delà de soi-même, cet au delà est le fondement de l'amour. Par conséquent je pense que notre ami Sigmund voit juste.

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  4. Puisque je suis dans les citations ;
    ...

    Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
    Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
    Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
    Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
    Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs


    Il n'y a pas d'amour heureux
    Mais c'est notre amour à tous les deux


    Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)

    C'est Brassens qui l'a immortalisé en le mettant en chanson.

    Ca va dans le sens de Freud, mais tu le sais toi qui enseigne le français, il faut dans une dissertation une thèse et une anti-thèse, mais à cette heure tardive il est tant que je me taise. Peut-être demain...

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    1. Voir aussi

      https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/10/01/nen-deplaise-a-louis-aragon/

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    2. N'en déplaise à Louis Aragon

      Aimer n’est pas un tour de force
      Aimer n’est pas si dur qu’on croit
      Ce n’est pas un chemin de croix
      Ni une épreuve qui vous broie
      Ni un parcours vers le divorce

      Aimer c’est se livrer sans armes
      Aimer c’est choisir son destin
      C’est chanter dans le clair matin
      Même dans les temps incertains
      C’est chanter au travers des larmes

      Ne plus aimer c’est déchirure
      Et c’est son propre coeur blesser
      Et c’est maudire son passé
      Et sa propre âme détresser
      Moi j’en connais qui en moururent

      D’aimer il n’est jamais trop tard
      Battent deux coeurs à l’unisson
      Et tremblent du même frisson
      Et chantent la même chanson
      Jouant sur la même guitare

      Cochonfucius

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    3. Magnifique Cochonfucius!

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  5. Magnifique Aragon!
    Aimer, c'est vouloir le bien de l'autre, sans se renier??
    Accepter que cet amour ne soit pas toujours heureux,prendre le risque d'aller au-delà de soi-même, (Pierrette)c'est sortir de soi-même pour la rencontre, et nous n'existons pas sans rencontre.

    Luciole

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  6. C'est l'Amour qui tient le monde, même à la fin du monde il restera l'Amour. La souffrance vient du manque d'Amour, les deux sont effectivement intimement liés.

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