mercredi 6 avril 2016

Zhâ

Zhâ


Neuf cent.
Racine carrée du Ciel
Rapportée au double mystère du Non Manifesté.
        « Sois ! »        
Consonne de l’occultation,
Consonne de l’apparence,
Liées l’une à l’autre
Par le souffle ténu d’une lettre labiale.
Voici !
Sous Son manteau de Miséricorde,
Selon la nature de chacun,
En ordre préconçu
Sans généalogie ni descendance,
Tous les êtres assemblés
Sont engendrés d’une injonction unique et permanente !
Trésor à l’abri des regards indiscrets,
Enchâssé dans l’écrin de Son intimité la plus secrète,
Il fait jaillir la Lumière et l’Éclat de Son Amour infini.
Or, cet Amour germinatif réclame sa part
D’attachement et de fidélité
En retour de sa générosité universelle.
Il fait éclore alors les êtres
En multitude sans limite assignable,
Variété sans nombre de couleurs et de formes,
Épanchement incessant du mouvement de la Vie,
Océan sans rivage !
Feignant soudain l’absence,
Il rend Ses serviteurs éperdus et sans souffle,
Soupirants et réclamant un terme à leur séparation.
Car, Son apparition au cœur des cœurs fidèles,
Le dévoilement de Sa Parole révélée aux âmes bien nées,
La fraîcheur de Sa tendresse envers les corps purifiés,
Entraîne une inclination 
aussi soudaine qu’irrésistible à Le connaître.
Toute noble poitrine le sait :
« Le connaître, c’est L’aimer et L’aimer, Le connaître. »
Certes, Il se cache et pourtant, je le vois !
N’est-ce donc là qu’un jeu de miroir ?
Non !
Son occultation génère la vision de Sa Réalité Essentielle
Et son épiphanie efface toute illusion !
Il est l’Apparent !
Seuls, ceux dont les cœurs sont tissés d’une épaisse ténèbre
Le prétendent inaccessible dans Son occultation.
Si tu Le dis caché, autant Le nier sans ambages,
Du moins, seras-tu sincère.
Et laisse-moi à ma solitude
D’où je converse avec tous les êtres en ce monde et dans l’autre.
Ni le vocable extérieur ni celui d’intérieur
N’ont de sens pour moi.
Ne sont-ils pas deux manteaux que revêt tour à tour la Réalité de l'Unique ?
Si tu me dis : « Je ne suis pas toi. »
Voici ma réponse :
« Retourne à ton néant,
Je ne vois rien qui ne soit moi-même ! »
Si tu te rends à la Vérité et me dis : « Ô moi-même ! »
Je t’ouvre ma porte et te convie à ma table.
Assieds-toi à la place d’honneur
Et prends possession de tous mes biens
Car je suis ton humble servant et ton vassal.»
Son nombre est neuf cent un.
Achèvement de la gestation universelle,
De la multitude des générations millénaires,
A partir d’un seul Être.
Son nombre est dix.
Perpétuel retour dans le giron de l’Unique.


Coupole de la Chapelle consacrée à Thérèse d’Avila et Jean de la Croix,
Monastère de l’Incarnation, Avila

3 commentaires:

  1. L’Illimité

    Des fragments épars qui se rassemblent
    Exultant des signes qui se tissent savamment
    La Conscience est Expérience de la Vision
    Un fruit que l’on savoure en trois dimensions
    Pourquoi serait-elle surface plane
    Tel est le secret de la Profondeur
    Architecture essentielle en ce corps cathédrale
    De le percevoir n’est pas une vile imitation
    C’est là-bas que tout commence
    Ici, je trouve L’empreinte du Discours
    Qu’importe de savoir, quand savoir n’est point tissé
    La Beauté est l’illimité qui se voit dans L’Illimité
    Les confidences sont L’Intime qu’on ne saurait dévoiler
    Si cela se tisse, c’est qu’IL est en nous à tisser
    Si cela se vit, c’est qu’IL est en nous à se vivre
    Si cela s’entend, c’est qu’IL est en nous à s’entendre
    Si cela se voit, c’est qu’IL est en nous à se voir
    Si je marche, c’est qu’Il est en nous à marcher
    Si je L’aime, c’est qu’IL est en nous à aimer
    Quelle extase de voir mon Roi, mes yeux Te boivent
    De cette Vision, mon cœur explose d’effusion
    Captive de Ta Grandeur, où suis-je, Tout est Vivant
    Tu me murmures Tes Jardins, embaumant Jasmin
    Rose Céleste, récital et liqueur sans fin
    Soierie flottante, Coupe fluviale, palpitant encens
    C’est là, que L’âme se nourrit des Divins Présents.

    Naïla

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  2. Jean d'Armelin,


    Permettez-moi de vous renouveler ici encore toute ma gratitude.
    Lumière est en ce Discours que l'on ne saurait méconnaître.
    Ivresse incessante de découvrir les Bienfaits de cette prodigieuse Épopée de L'Âme.
    Il est dit: "Vous serez avec ceux que vous aimez en ce Pacte de La Fraternité!"
    Je me dis: comme seront belles, alors, ces Retrouvailles!

    Naïla

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  3. Et à mon tour de vous remercier, tous deux, pour ce bel échange qui poursuit ce dialogue singulier et remarquable qui court à travers vos compositions respectives. Merci !

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