dimanche 3 avril 2016

Nef perplexe

Peinture de Tim O'Brien

L'Amie, je n'ai plus à me tourner sur mon
Passé car il est là, aux détours des heures ;
Les trois mâts sont mes trois temps : celui d'artimon
Est à l'arrière, d'où surgissent les vents souffleurs ;

Le grand mât est de la nef la colonne centrale
Dont les voiles semblent parfois des feuilles de vigne ;
C'est qu'en elles se rêvent des routes intersidérales,
Lors que l'horizon n'est au loin qu'une plate ligne.

À l'avant, vers la proue, est le mât de misaine
Cousu de songes qui se voudraient entrer en scène ;
Sur sa plus haute vergue se pose la mouette jolie,

Ivre d'avoir, sans cesse, dansé et tournoyé
Autour du capitaine qui se voulut noyer
Dans l'oubli, un soir où il fut pris de folie.

2 commentaires:

  1. La folie

    Au bout de la corde
    Qu'elle me tend, elle a fait
    Un noeud de pendu.

    La folie est à ma porte,
    Je la chasse avec des mots.

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  2. "Ce n'est pas que le suicide soit toujours de la folie. Mais en général, ce n'est pas dans un accès de raison que l'on se tue"

    Voltaire, Candide

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