dimanche 17 avril 2016

La violence est en toi !


Si la douleur de l’autre ne te touche pas,
C’est que la tienne est plus intense que la sienne,
L’indifférence est une expression de la peine ;
Au Djihad les malheureux sont des candidats.

Je ne dis pas qu’il faut refuser le combat,
Les laisser impunément assouvir leur haine,
Au contraire il faut descendre dans l’arène,
Ils ont déjà fait assez de mal comme ça.

Je prend les devants car c’est souvent qu’on reproche
A qui cherche à les comprendre d’être plus proche
D’eux que de ceux qui pâtissent de leurs méfaits.

Je dis qu’entre eux et nous petite est la distance,
Car en chacun de nous il y a de la violence,
Et que c’est dans le désespoir qu’elle apparaît.

3 commentaires:

  1. Un beau poème pour parler de la violence qui habite chacun de nous, énergie à utiliser pour construire plutôt que détruire.(soi ou l'autre, les kamikazes retournent la violence aussi contre eux en se faisant exploser)
    "Si la douleur de l’autre ne te touche pas,
    C’est que la tienne est plus intense que la sienne"
    ou que celui qui fait souffrir éprouve sa souffrance par procuration.
    Sujet délicat dont le débat est essentiel.

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    1. "Que celui qui fait souffrir éprouve sa souffrance par procuration", encore une fois voilà une réflexion qui vient de toi qui m'interpelle mystérieuse et très pertinente Luciole. Ca me fait penser à un concept freudien, "l'identification à l'agresseur", l'agressé éprouverait une jouissance à devenir l'agresseur. Ce qui ne tient pas de la théorie mais de l'expérience, c'est que les personnes agressées deviennent très souvent à leur tour agresseurs. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle un comportement agressif ou sexualisé d'un enfant doit tout de suite nous interroger sur d'éventuels sévices qu'il vit ou qu'il a vécu. Comment interpréter ce comportement ? Quel bénéfice y trouve t'il ? Sujet délicat dont le débat est essentiel. J'en profite pour te remercier pour tes interventions qui font réfléchir. Pas la chose la plus désagréable qui soit ! Ca me rappelle que tu as parlé de l'autisme l'autre jour dans un commentaire en sous entendant l'intervention d'éléments psychiques dans son origine. As-tu une formation, une expérience professionnelle dans ce domaine ?

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    2. Bonsoir Vincent
      "l'identification à l'agresseur", l'agressé éprouverait une jouissance à devenir l'agresseur.
      Je comprends ce que sous-entend cette réflexion mais je ne pensais pas à ça, plutôt au fait que les personnes qui ne peuvent éprouver une émotion vont la susciter chez l'autre pour, en quelque sorte, la découvrir de cette manière grâce à l'autre.(qui souvent est vécu comme une part d'eux-mêmes)
      Pour la question de l'autisme, oui, j'ai travaillé avec des enfants autistes. Je n'évoquais pas l'intervention d'éléments psychiques mais le fait que les enfants autistes fonctionnent comme s'ils ne pouvaient pas construire un attachement avec leur mère, perturbés pas la crainte brute du regard, comme si le regard réveillait la crainte du prédateur. On sait que les animaux sauvages ne regardent jamais dans les yeux, si ce n'est pour fixer une proie. Etre regardé est donc vécu comme un danger.D'où le port de lunettes noires par la mère qui dissimulent la pupille. Ce qui permet aussi à ces enfants d'approcher une biche, dans un parc, parce qu'ils ne la regardent pas directement. L'animal ne se sent pas menacé. Alors que les enfants sans trouble autistique vont vers l'animal en tendant les bras et en fixant l'animal.
      C'est pourquoi les mères d'enfants autistiques peuvent se décourager car elles ne se sentent pas valorisées dans leur rôle de mère par le retour d'affection de leur enfant.
      Merci pour l'échange.

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