dimanche 17 avril 2016

La machine à laver

Publicité de 1961


Le linge gît au fond du tambour, temps de l'immobilité et du silence.

La paix est rompue par l’entrée d’un filet d’eau inondant lentement la cuve. Un discret sifflement l’accompagne. Les vêtements baignent dans le liquide chaud, juste bercés par son flux.

Soudain le bruyant moteur du lave-linge se met en marche. Le cylindre tourne sur son axe entraînant dans son mouvement les tissus. Dès lors, hormis pendant quelques rares périodes de repos, la matière à laver est entrainée dans un tourbillon qui n’a de cesse de la malmener.

La violence de l'appareil atteint son apogée dans l’ultime phase du travail. Le bruit devient infernal, la machine vibre de toute part avant qu’enfin, lessivé, son contenu retrouve sa quiétude originelle.

A la manière de Francis Ponge, Le parti pris des choses


Peinture Dejean Siméon Chardin (1699-1779), La blanchisseuse, 1730

54 commentaires:

  1. Chaque fois que j'utilise le lave-linge je me souviens qu'il fallait chauffer l'eau en faisant du feu sous la bassine, cuire le linge, le brasser et le sortir, le poids énorme des draps mouillés avant l'essorage.
    J'ai vu faire ma mère quand j'étais enfant.
    Une corvée mais certainement moins de pollution que de nos jours.

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    1. Tu devrais aller chez Grandoptical, tu bénéficierais d'un fort pourcentage de réduction sur ta prochaine monture. Si tu dépasses les 100 ans ils te la donnerons et te devrons même de l'argent.

      Voir commentaires sur;

      http://heraldie.blogspot.fr/2016/04/maitre-coq-passant_14.html

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    2. Bah! je ne voudrai même plus la paille pour être empaillée.
      Mon rêve serait que mes restes soient donnés en nourriture aux oiseaux, comme dans "la balade de Narayama"
      Une belle métaphore de l'envol.

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    3. J'espère que tu n'as pas une soeur qui s'appelle Antigone parce qu'elle risque de mettre ton beau projet en terre...

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    4. Je vais devoir relire mes classiques, la mythologie ça date!

      Luciole

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    5. Pour faire très très court, Antigone ensellevie le cadavre de son frère au risque de sa vie.

      Ps, J'aime bien tes "Je me souviens", puis-je les mettre sur mon blog ?

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    6. Merci pour le raccourci de mythologie.
      Bien entendu pour ton blog, mais ça n'est pas toujours gentil-joli...

      Luciole

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    7. Oui, je sais mais c'est plus fort que moi, j'ai l'esprit un peu mal placé et mes poèmes en plus d'être portés sur la chose sont mal écris. Merci pour ta franchise et pour ton accord.

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  2. Tu ne crois pas si bien dire, mon père est né au 19 ème siècle, alors tu peux faire le calcul. :)
    Il faisait les livraisons avec une charrette tirée par des chevaux.

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  3. Pas facile comme calcul vu que la fertilité masculine n'est pas limitée dans le temps (elle connait cependant une baisse à partir de 24 ans), ton père aurait pu te concevoir alors qu'il avait entre 14 ans et 100 ans. Au maximum tu aurais donc 103 ans, ton père serait né en 1899 et toi en 1913 et au minimum tu aurais 17 ans. Je pense que la valeur exacte s'approche plutôt du premier chiffre à moins que ta mère soit réfractaire au progrès en matière d'équipement ménager et que de surcroit tu sois d'une très grande maturité intellectuelle.

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  4. Merci pour le compliment.
    Bravo pour le calcul valable pour une demi-soeur qui est décédée l'année dernière à l'âge de 96 ans. Mon père a été enrôlé pour les 2 guerres. Montée du national-socialisme.
    Je suis née d'un second mariage "sur le tard"
    Les premiers équipements électroménagers étaient onéreux, ouf le poids des tapis nettoyés avec le tape-tapis! 1ère TV à 16 ans, en noir-blanc,premiers épisodes des "envahisseurs" avec ton homonyme :) Vincent. (si ma mémoire est bonne)
    Je me souviens aussi du beurre mangé par les oiseaux parce que laissé "au frais" sur la fenêtre.
    On oublie que pour encore beaucoup de personnes, le confort n'est pas une évidence.
    Un sujet de poème? peut-être...
    Bonne journée.

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  5. On parle de national-socialisme pour la première ? Celle qu'on appelle la grande ?

    Oui, c'était ça, David Vincent précisément.Je me souviens aussi du noir et blanc et de la musique un peu angoissante du générique. J'aime bien ton inventaire à la Georges Perec, un écrivain qui compte beaucoup pour moi. Je me reconnais parfois dans son plaisir à jouer avec les mots, à s'immerger dans les mots, à les respirer, oxygène des écrivains. Si tu pouvais continuer sur ce mode, je me souviens..., ça me ferait grand plaisir. Tu m'as mis l'eau à la bouche. Allez, s'il te plait, sur le même mode, "Comme elle vient" la phrase comme dirait Noir désir, il sera là mon confort, lire tes "Je me souviens".

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  6. Je ne suis pas historienne et je m'y connais fort mal en histoire, mais je sais que toute la moitié du 20ème siècle a vu se développer l'idéologie nazie, qui est une forme extrême d'élitisme.
    Se souvenir? ou oublier?
    Tu me troubles, une plongée dans le passé?
    C'est bien loin, parfois si proche quand Héraldie poste des sujets qui ouvrent une porte comme une bouteille habitée d'hier.
    Avec vous, en votre compagnie, ami-e-s d'Héraldie, tenter l'immersion, respirer un bon coup...

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  7. Je me souviens d'un jour d'enfance alors que j'étais seul dans ma chambre assis sur le rebord de la fenêtre, le front collé contre la vitre, une dame est passée dans la rue en tenant son enfant par la main.

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  8. Je me souviens du 10 Mai 1981, depuis la terrasse de ma maison, je regardais le cortège des manifestants qui fêtaient la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle, derrière moi mon père a dit "Ah les cons, Ils ne savent pas ce qui les attend !"

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  9. Je me souviens du lait que j'allais chercher à l'étable, avec le bidon à lait. L'attente, que le paysan ait fini la traite, manuelle bien entendu, son tabouret attaché à ses fesses. Et le lait que nous buvions, encore chaud du corps de la vache.

    Je me souviens du bidon à charbon, que ma mère utilisait pour aller chercher le charbon à la cave. Je l'accompagnais, elle était terrorisée par les souris et les rats.

    Je me souviens que peu avant sa mort, mon père disait que les hommes n'iraient jamais sur la lune.

    Je me souviens du fils du fermier qui coupait la tête de la volaille avec une hache, puis laissant l'animal courir sans tête, éclaboussant les murs, jusqu'à ce qu'il tombe.

    Je me souviens des petits chats qu'il enlevait à la mère en lui cachant les yeux, et qu'il assommait en les tournoyant avant de les écraser contre le sol. Et qui disparaissaient ensuite dans la fosse à purin.

    Je me souviens que j'apprenais à lire en prononçant coussin pour le mot cousin, ne comprenant pas pourquoi S se prononçait Z.

    Je me souviens des bandes molletières que ma mère me mettait l'hiver pour protéger du froid. Moi assise sur la table, les jambes pendant dans le vide.

    Luciole

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  10. j aime ces souvenirs ils sont un peu miens alors je me les approprie a travers ce "je" si pratique, merci !

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  11. Merci à vous pour le partage.
    Douce nuit.

    Luciole

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  12. Je me souviens qu’enfant, une nuit j’ai rêvé que je tuais mes parents et mes frères et que je les mettais dans le coffre d’une voiture, c’était une berline.

    Je me souviens du soir de la finale de la coupe d’Europe entre le Bayern de Munich et Saint Etienne en 1976, quelques heures avant le match mon frère et moi avions tendu une banderole derrière la télévision, « Allez les verts ».

    Je me souviens aussi qu’à l’approche de la rencontre je sentais battre mon coeur très fort, j’avais l’impression que ma poitrine allait exploser.

    Je me souviens qu’en regardant un reportage télévisé sur le Paris-Roubaix, un samedi après-midi, j’ai entendu pour la première fois « Le plat pays » de Jacques Brel, d’abord j’en eu les frissons et puis j’ai essuyé une larme, discrètement.

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  13. Je me souviens du petit chemin dans les vignes, près de la maison, comme un plongeoir,comme une piste d'envol pour se lancer dans le ciel immense, au-dessus du lac. Et mon frère qui disait que si on faisait tourner les bras assez rapidement, on pouvait s'envoler, comme les hélicoptères.
    Je n'ai jamais réussi à décoller et j'ai regretté de ne pas savoir faire comme il faut.

    Luciole

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  14. Je me souviens de mon impatience à retrouver mon père qui faisant l'école quelque part dans la campagne. Après avoir frappé deux fois à la porte de sa classe, n'ayant pas l'âge de rejoindre les élèves et trouvant le temps long, je m'étais endormie au bord de la route. C'était une belle journée ensoleillée.

    Luciole

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  15. Je me souviens des vélos que nous empruntions aux élèves avant la fin de la classe. La terrible chute au bas d'une pente, le genou bien entamé et la peur d'avoir abîmé le vélo.
    Aussi la chute dans les orties, la drôle de tête toute boursouflée que je voyais dans le miroir, le pot de pommade dans lequel je puisais pour tenter de calmer la brûlure.

    Luciole

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  16. Je me souviens des vélos que nous empruntions avant que les élèves finissent la classe. la terrible chute au bas de la pente, le genou bien entamé et la crainte d'avoir abîmé le vélo.
    La chute aussi dans les orties et la drôle de tête toute boursouflée que je voyais dans le miroir. Le pot de pommade dans lequel je puisais pour tenter de calmer la brûlure.

    Luciole

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  17. Je me souviens qu’en été ma grand-mère remplissait d’eau une grande bassine en acier galvanisé qu’elle installait devant l’escalier extérieur qui descendait à la cave. Quand l’eau était suffisamment chaude j’avais le droit de m’y baigner. J’étais le roi du monde dans mon bateau le nez à hauteur des tulipes du jardin.

    Je me souviens qu’au bout de la rue de mes grands-parents des tentures en velours noir et pourpre avec des inscriptions brodées et dorées avaient été installée devant et autour de la porte d’entrée d’une maison pour annoncer un deuil.

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    1. Merci Vincent de partager aussi quelques bribes de souvenirs, insignifiants peut-être mais s'ils sont arrivés jusque là ça n'est pas anodin.
      Petite question technique : comment se fait-il que le profil n'affiche plus Luciole, comment le réactiver pour ne pas passer par le profil "anonyme"?

      Luciole

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  18. Je me souviens du soir où j’ai réalisé que j’allais mourir, j'avais disposé mes mains à plat l'une sur l'autre sur ma poitrine et mes jambes étaient tendues l’une contre l’autre, imitant la position d'un cadavre dans un cerceuil. Je voulais expérimenter la mort. Sous mes paumes je sentais battre mon coeur. J’étais très angoissé à l’idée qu’un jour il s’arrêterait.

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    1. Re-voilà le coeur et la mort sur la scène, de vraies questions pour tout le monde et pour chacun en particulier.Je pense que se poser ces questions, c'est commencer à vivre. Ce jour-là fut peut-être ta vraie naissance Vincent le Rebelle.

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    2. En effet, nous sous-estimons souvent ce que nous lui devons, la vie.

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  19. Je n'arrive pas à supprimer le commentaire précédent, il est pas terrible... "En effet, nous lui devons la vie" eu été plus approprié. J'ai lu un poème sur ce sujet récemment sur Beauty Will Save The World, l’excellent blog de poésie

    Une vallée de larmes
    de joie et de douleurs,
    une vallée où nul
    ne peut vivre sans pardon
    ni garder une miette
    pour soi.
    Mais la beauté s’obtient
    par l’amitié
    d’une chose plus belle.
    Ni vu ni connu :
    il faut mourir pour renaître.

    ***

    Maurice Chappaz (Lausanne, Suisse 1916-2009) – Office des morts (1966)

    Et puis, je profite ce message pour dire qu'en faisant des "Je me souviens..." on poursuit l’œuvre de Georges Perec, à la fin de son livre consacré à ces "je me souviens" qu'il avait numéroté, le dernier s'achevait par... Soit, "Je me souviens..." et en de sous par un "A suivre...".
    Et puis pour en terminer avec lui (pour l'instant) voilà ce qu'il a écrit en préambule de ce même livre ;

    « des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d’un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine de faire partie de l’Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d’État, des alpinistes et des monstres sacrés.

    Il arrive cependant qu’elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu’on les a cherchées, un soir, entre amis ; c’était une chose qu’on avait apprise à l’école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up ou une catastrophe qui faisait la une des quotidiens, un best-seller, un scandale, un slogan, une habitude, une expression, un vêtement ou une manière de le porter, un geste, ou quelque chose d’encore plus mince, d’inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie. »

    J'aime beaucoup les lire, merci encore à Luciole pour ça, j'espère que ça n'est qu'un début, car ils suscitent la même chose pour celui qui les écrits que pour celui qui les lit, "une impalpable petite nostalgie" même si celui qui les lit ne les a pas vécu.

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  20. Merci pour l'évocation de Maurice Chappaz et n'oublions pas Corinna Bille, sa compagne et sa femme. Libres échanges : leur correspondance, de 700 lettres.
    " ...tous les gens d’un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine de faire partie de l’Histoire,..."
    sans savoir qu'ils-ces gens- vivaient les mêmes choses en même temps et pourtant ces choses insignifiantes ont bel et bien fait l'histoire.

    Luciole

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  21. Je me souviens que avions acheté notre première bande dessinée, un Tintin, avec l'argent de la vente de dent-de-lion et de quelques poireaux de notre jardin, c'était donc le printemps. Nous étions allés, mon frère et moi, payer quelques sous à la police pour la concession et avions installés notre petit étal de marchandise sur les escaliers, devant la fontaine de la justice.
    Nous étions descendus à pieds jusqu'à la ville et en remontant, nous lisions le Tintin. Son prix était presque le même qu'aujourd'hui, bien que la valeur de l'argent ait considérablement baissé.

    Luciole

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  22. Je me souviens de mon prof de français qui en troisième après que venais de poser une question et alors que j’étais très mauvais élève (J’ai redoublé cette classe) m’a dit « Il ne faut jamais céder à la tentation de se croire mal doué, c’est un genre de modestie très perfide »*



    Je me souviens ne pas avoir rendu de copie à la fin d’un devoir en classe de français. Je suis passé devant le prof sans le regarder, il m’a interpellé mais je ne me suis pas retourné, j’ai ensuite traversé le lycée et la ville comme une fusée et je me suis réfugié dans ma chambre sous les toits. Pendant trois jours je n’ai fais que de lire des Mickeys allongé dans mon lit.



    Je me souviens qu’en 1982, l’année de la sortie de l’album Pornography de The Cure, j’écoutais au casque à 13 h15, juste avant de retourner au collège, le titre Siamese Twins* sur un disque vinyle. Je dansais en fermant les yeux.



    https://www.youtube.com/watch?v=GXpNenuQrcY



    Je me souviens du jour ou mon oncle m’a surpris en train de lire « La disparition » de Georges Perec alors qu’il comptait sur moi pour bricoler avec mes frères. Pour essayer de me faire pardonner, je lui ai expliqué que c’était un livre extraordinaire, « Un roman de trois cent pages sans la lettre e ! ». Il m’a regardé dépité et est reparti sans dire un mot. J’aurais voulu disparaître.



    Je me souviens avoir vu Dominique A dans une toute petite salle de cinéma dans une toute petite ville, on ne devait pas être plus de dix. Lui et son musicien portaient des maillots de foot. Il était au micro et jouait de la guitare, son acolyte était au clavier. Il avait chanté Le courage des oiseaux. « Si seulement nous avions le courage des oiseaux qui chantent dans le vent glacé... ».



    * Grâce à internet, trente cinq ans après je réalise que c’est une citation d’Alain.



    « Bien partir n’est pas le tout. Il faut en toutes les entreprises une obstination héroïque. Quand il s’agit d’apprendre le violon, l’équitation ou l’escrime, chacun comprend qu’il faut recommencer bien des fois, et ne jamais céder à la tentation de se croire mal doué, ce qui est un genre de modestie très perfide. Or le courage de ceux qui apprennent ces choses devrait faire rougir ceux qui manquent de patience dans l’apprentissage qu’ils ont choisi. Et ce qui importe, quand l’apprenti croit qu’il manque de bonheur ou d’adresse, c’est que le maître lui rappelle et lui prouve qu’il manque seulement de courage. Ce reproche pique comme il faut. L’éducation est ce précieux moment où la lutte contre l’obstacle extérieur peut toujours être changée en une lutte contre soi. Il est rare que l’homme cède à lui-même. C’est ainsi que je formerais l’enfant à chercher et à aimer la difficulté. »

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    1. J'ai entendu parler de ce livre de Georges Perec, "la disparition" n'était-ce pas la première lettre du nom de sa mère?
      300 pages sans la lettre e c'est une performance incroyable.

      Luciole

      Luciole

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    2. Ah ! Je me disais bien que je n'avais pas répondu à une question sur "La disparition".

      Non, son prénom était Icek, elle était comme son mari d'origine polonaise. Je te rassure, je ne connaissais pas son prénom, je viens de le trouver sur internet. Pour le "e", deux hypothéses existent je crois, la première c'est que Perec se lançait des défis incroyables et écrire sans la lettre la plus utilisée dans la langue française était une sacrée gageur ! Je viens de compter, il est présent 33 fois dans la phrase précédente, la seconde est que ce "e" qui a disparu, c'est "eux", ses parents qui ont également disparu alors qu'il était enfant, son père au combat, comme engagé volontaire dans l'armée française pour combattre le nazisme et sa mère deux ans plus tard en déportation. Elle a eu le temps de le confier à de la famille avant d'être raflée. Je me souviens tout d'un coup que j'ai écris plusieurs articles sur ce sujet et en particulier deux sur le dytique La disparition - les revenantes. "Les revenentes" étant le livre qui fit suite à la disparition, la seule voyelle utilisée étant celle qui avait disparue, le "e".
      La seconde hypothèse est la plus crédible, en tout les cas c'est la préférée de mon coeur. Sur la page qui précède son texte, je ne sais plus comment on l'appelle, il leur dédie son roman par un "Pour eux".
      https://misquette.wordpress.com/2014/12/28/130-la-disparition/

      https://misquette.wordpress.com/2014/12/29/131-les-revenentes/

      Ils font parti de mes billets préférés, je me souviens les avoir écrit dans une période de grande effervescence intellectuelle que je m'évertue à retrouver.

      Pour la performance, oui, mais il ne faut pas que ça masque le contenu, à ce sujet je me tais, au cas où tu le lises.

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    3. En fait, je viens de le relire, j'y fait une troisième hypothèse...

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    4. e comme Eve?
      L'enfant s'attend à revoir ce qui disparaît, ça lui permet de se sécuriser et de construire un attachement avec ses parents.
      C'est aussi une construction mentale qui lui permet de relier les événements de manière cohérente. Sans cette capacité, le monde est imprévisible donc angoissant.
      J'ai travaillé 20ans dans le monde du handicape. J'aime beaucoup la création qui définit l'humain, j'essaye un croquis de temps en temps, histoire d'aiguiser le regard, mais c'est sans prétention artistique

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    5. Oui, c'est ça, comme e comme Eve.
      Bon, je continue mes hypothèses, à moins que les éducateurs aient une formation en psychologie très pointue en Suisse, je dirais que tu étais psychologue. Je n'ai pas plus que toi des prétentions artistiques, j'ai la prétention de répondre à un besoin quand je fais un poème, un besoin, j'y pensais ce soir en écrivant à une amie, qui est proche de celui qu'on récent parfois de parler à quelqu'un qu'on aime, de lui parler ou plutôt de se jeter dans ses bras pour qu'il nous réconforte.
      Tu le sais sans doute, moi aussi je travaille dans ce domaine, je suis psychomotricien et mon travaille me passionne. Le rapprochement que tu fais entre l'évitement du regard chez certains enfants et le comportement d'un animal sauvage me plait. Je pense que certains de leur comportements sont des persistances de stades de développement du système nerveux qui peuvent remonter jusqu'à la période foetale. Je suis l'évolution des méthodes depuis une trentaine d'années maintenant, j'en ai vu passer, avec toujours le même engouement au départ, l'espoir et puis devant l'absence de résultats une nouvelle méthode apparait, révolutionnaire cette fois, il faut tous s'y mettre et puis ça fait plouf. Il y a eu des progrès dans la prise en charge de ces enfants, c'est indéniable, dans certains services que j'ai connu il n'y avait pas d'éducateurs, on ne faisait que du soin, mais ce progrès on le doit pas au méthodes mais au regard plus humain qui est porté sur eux, au droit qui leur a été reconnu de pouvoir avoir une éducation, selon leurs capacités, mais une éducation quand même. A mon sens il n'y pas de secrets, utiliser les méthodes que l'on utilise pour les enfants valides en les faisant coïncider avec leur âge de développement.
      Dommage que tu ne puisses pas envoyer un de tes dessins juste pour voir. Je connais des gens sans prétentions artistiques qui s'avèrent être de très bons artistes, je pense à Henriette du blog ENTREPOETIQUE par exemple. Elle fait les illustrations et les textes, peut-être aimeras-tu.

      https://entrepoetique.wordpress.com/2016/04/23/lappel-2/

      C'est sympa de faire connaissance.

      Douce nuit comme on dit en Suisse.

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    6. La création artistique est souvent une nécessité pour celui qui crée, presque pas un choix. Je ressens ça aussi parfois.Professionnellement je n'ai qu'un brevet d'école primaire, très basique. J'ai appris sur le terrain, par mes observations et expériences personnelles et en prenant certains cours qui me semblaient utiles.
      Le handicap mental a une origine multiple,génétique, souffrance foetale, infection, intoxication, métabolique etc..., l'environnement venant favoriser ou aggraver le développement.
      En étant psychomotricien tu dois bien comprendre le rapport entre le corps et le psychisme, c'est un job qui m'aurait plu.Je pense que tous les enfants devraient en profiter, surtout à notre époque où ils jouent si peu dans la nature comme nous le faisions.
      Je pense que nous sommes encore favorisés en Suisse car beaucoup de spécialistes prennent en charge les enfants en difficulté, même si on a régulièrement des restrictions de budget.Ils ont besoin d'une éducation comme tous les enfants mais aussi une prise en charge spécifique à leurs troubles, ce qui n'est pas toujours compatible avec l'intégration.
      J'ai l'impression que les enfants avec des comportements autistiques voient le monde comme une succession de points et non comme une continuité.Ils ont de la peine à faire des généralités, à fonctionner par concept.Ils restent fusionnels et développent difficilement leur propre personnalité. Ils n'arrivent pas à se décentrer, à imaginer que l'autre a une autre pensée et à se mettre à leur place, à faire semblant (créer du jeu symbolique)

      J'ai essayé d'ouvrir le lien,
      copier/coller mais ça ne marche pas.

      Bon dimanche, amitiés, merci à toi pour le partage.

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    7. Un texte écrit il y a plus de 25 ans, concernant le rapport au corps. A prendre avec le recul de ces 25 ans...

      Toute connaissance nous vient à travers le corps. Il est notre grand initiateur. Il nous mène pas à pas exactement à l'endroit le meilleur pour nous. Lui résister, c'est laisser la folie prendre place dans l'esprit. Lui obéir, c'est laisser la sagesse s'installer. Il n'est de réalité que dans le corps et à travers lui.
      Tout est perçu pas cet instrument essentiel du savoir. La douleur y grave son feu et la joie permet à ses membres d'acquérir la puissance des ailes d'oiseau. Il nous force à dire non quand nous voulons à tout prix continuer dans une fausse direction. Il contraint au oui quand la peur nous fait reculer devant le grand saut. Il est et sera toujours notre guide. Violent et impitoyable quand nous nous obstinons à lui désobéir. Amant voluptueux quand nous savons le reconnaître. Méprisé, il sait attendre son heure de vengeance ; alors il brisera l'esprit qui a voulu lui offrir les barreaux d'une prison et deviendra énergie pure pour rencontrer les grands espaces auxquels il appartient depuis toujours. Il jouira enfin sans retenue des multiples possibilités qui lui sont rendues, I vibrera de mile frissons, caressé par toute chose qui l'entoure et son plaisir n'aura plus de fin.

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    8. Oh! C'est un superbe texte ! En le lisant je pense au genre de poèmes de Francis Ponges dont je me suis inspiré pour le poème que nous sommes sensés commenter... Oui, je le relis et je trouve que comme il a écrit "L'huitre" ou bien "La cigarette" il aurait pu écrire ce texte et l'appeler "Le corps" car il parle du corps mais semble en même temps nous parler d'autre chose, quelque chose de divin...
      J'ai déjà eu l'occasion de le dire, j'aime beaucoup tes commentaires, ils ont une grande profondeur, comme ce texte d'ailleurs. Je le relis, il est très bien écrit. Tu en d'autres comme ça ? Et après ça tu dit ne pas, comment tu as dis déjà... avoir une démarche artistique ou quelque chose comme ça... Je ne retrouve plus le passage, voilà, avoir de "prétention artistique" si je me souviens bien.

      Ton commentaire sur l'autisme est captivant, encore une fois, tu devais être quelqu'un d'une grande finesse dans ton travail, les enfants devaient t'apprécier, ne me dis pas le contraire, je ne te croirais pas! ; )
      Je n'y arrive pas à m'y faire, je le dis, je le redis mais c'est parce que je le vis intérieurement, je suis surpris que toi et d'autres personnes rencontrées au fil de mes publications sur internet apprécient ce que je fais, j'ai toujours l'impression que les gens se trompent, que je ne mérite pas cet intérêt, je me dis qu'à un moment où un autre, ils vont s'en rendre compte, en même temps je suis très content que très fier car je suis épaté par la qualité de ce que je lis d'eux. Je suis un peu gêné de dire ça parce que ça peut donner l'impression que je cherche à ce qu'on me dise, "mais non, c'est très bien et patati et patata..." alors que je cherche juste à dire ce que je ressens, de la même manière que je dis ce que m'évoque un poème par exemple. Merci à toi aussi pour le partage. Il y a beaucoup de "profondeur" sur ce blog et tu y as largement ta part, c'est le fait que tu remercies pour un partage qui me fait dire ça à l'instant.

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    9. Je suis très touchée par ton commentaire, je suis persuadée que tu as une sensibilité hors du commun, j'ai un peu parcouru ton blog. Parfois, pour se faire comprendre, entendre, il faut en dire moins, se faire petit pour ne pas faire peur à l'interlocuteur, tu ne crois pas?
      Et puis tu sais très bien mettre en valeur les texte, donc aussi les personnes.
      je suis heureuse de partager cette discussion avec toi, je n'en ai pas souvent la possibilité, mes collègues (je travaille encore)sont trop occupées par l'administratif. J'ai la chance de n'en avoir presque plus, j'ai oublié de dire que je ne fais que de l'appui pour les enfants qui sont en difficulté dans leur parcours scolaire. Mais il y a une différence entre ressentir le malaise des enfants et leur proposer une autre voie dans un système assez contraignant.
      Quand je dis ne pas avoir de prétention artistique, c'est que je n'essaie pas de faire de l'art, mais je vis ma vie comme ça, ce qui est plus difficile pour moi, c'est de fonctionner "comme tout le monde" parce que je m'ennuie. Alors ça paraît hautain mais ce n'est pas mon intention, c'est que les "bavardages" ne m'intéressent pas, ça me joue des tours parfois parce que je suis hors sujet :)
      C'est parfois assez comique!
      Je crois qu'on appelle ces discussions du langage phatique dont je comprends la nécessité sociale, mais je dois me forcer de temps en temps pour y sacrifier un peu de temps et ne pas devenir complètement sauvage.
      Depuis que je me balade sur Héraldie et les blogs attenants, je me sens nourrie de l'intérieur, ça me fait beaucoup de bien.
      Alors oui, merci à toi, merci à vous les poètes pour tout ce que vous apportez.
      Belle soirée.

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    10. Je rebondis tout de suite sur ce que tu dis as la fin du message sur le langage phatique, mon correcteur me propose "pratique", il y a des fois on devrait écouter son correcteur, il ne disent pas que des âneries même si ils ne le font pas exprès car phatique ne me parle pas, mais pratique oui et c'est aussi ce qui m'ennuie, les choses pratiques. C'est obligatoire, c'est nécessaire mais c'est un effort énorme pour moi que de m'y atteler. Enfant déjà, j'étais taxé de fainéant. Si on considère que lire et écrire c'est travailler alors on dirait de moi que je suis très courageux parce que je me bas contre moi-même pour ne pas me lever à quatre heures du matin pour me mettre à cette activité. Ca n'est pas être hautain de ressentir cela, je comprend ce que tu veux dire je crois. Il faudrait qu'on songe à poursuivre cette conversation ailleurs si tu veux bien, si ça te dis, tu peux demander à Marc mon adresse mail mais pour ne pas le déranger, il a déjà beaucoup à faire, tu peux aussi me laisser un message sur mon blog, n'importe quoi, même un point, ça suffira pour que j'ai ton mail. Si tu ne veux pas dévoiler ton identité il te suffit de créer une adresse sans ton nom, la mienne est savoix@laposte.net. Bon finalement c'est plus simple que tu l'utilises si ça te dis. Je reprend, je comprend parce que je suis un peu dans le même cas et c'est très gênant parce que l'on donne l'impression aux autres qu'ils ne nous intéresse pas, alors que j'aimerais bien avoir cette capacité à parler de tout et de rien, j'y arrive parfois, je suis content qu'en j'arrive à passer une soirée comme ça avec mes amis, mais je n'y arrive pas toujours, j'ai besoin de solitude où de parler comme nous le faisons de littérature. Ca fait peu de temps que j'écris, très peu, mon blog a un an et demi d'existence, mon coming out littéraire remonte à deux ans à peu près avec la découverte de Beauty WSTW, je me souviens un jour, j'en étais très ému, j'ai écris ce commentaire d'un poème d'Alda Mérini, si mes souvenirs sont bons," C'est un langage que je comprend et qui me comprend". Ca fait quelque chose de pouvoir tout d'un coup sortir de son isolement et arriver à communiquer, j'ai ressenti ça. C'est comme si quelqu'un me voyait alors que jusqu'alors j'étais invisible aux autres, il me voyait et je le voyais et non seulement on se voyait mais en plus on se parlait. Marc a saisi ça, il a repris des vers que j'avais écrit à cette époque dans ma présentation ici, quelque chose du genre, "Et soudain alors que tout est vain, comme une amie la poésie vint", aussi quand tu écris, "Ca me fait beaucoup de bien", je comprend très bien ce que tu veux dire.

      Je n'ai pas compris le début de ton message, tu dis que j'en dis trop ?
      Par contre je comprend que je puisse faire peur, c'est pas courant d'être comme je suis, il y a des gens comme moi, internet m'a permis d'en connaître, mais mes lectures d'écrivains aussi, je me sens moins seul. Un jour il faudra que j'y réfléchisse, même si je n'écrivais pas, je me suis toujours passionné pour les biographies d'écrivains et en particulier d'écrivains qui écrivent sur l'écriture, Marguerite Duras, Blanchot et bien d'autres parce que beaucoup d'écrivains écrivent sur se sujet.

      Bien à toi

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    11. Le langage phatique (en phase) c'est justement parler de tout et de rien, les petits mots qui disent simplement "je t'écoute, je suis là, on est ensemble.."ça évite les moments de creux d'une conversation, ça meuble les silences gènants. Alors que j'apprécie me trouver en silence auprès d'une personne que j'aime,une sorte de communion intérieure, évidemment dans la littérature ça ne marche pas ;)
      "pour se faire comprendre, entendre, il faut en dire moins" : je me suis mal exprimée, désolée, ça prête à confusion.
      Je veux dire que parfois je dois me censurer pour ne pas "heurter". J'évoquais mon propre comportement, ça ne s'adressait qu'à mon attitude. Apprendre à "mettre des gants" pour m'exprimer.
      Beauty WSTW,: de très belles découvertes, merci.
      La poésie c'est avant tout exprimer une émotion, et qu'est-ce la langage sinon le besoin d'exprimer des émotions et de partager notre monde intérieur? Je pense que la nécessité du langage vient de là, à la base, Ce n'est pas pour chasser le mammouth. Les crocodiles chassent en groupe avec un simple cerveau reptilien :)
      Bon je m'égare, je te souhaite un bon début de semaine.
      Amitiés.

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    12. Ah ! Quel plaisir de te lire ! J’ai pris connaissance de ton message dans la journée mais je ne peux y répondre que maintenant (j’avais hâte) parce que j’étais au travail et que la pause de midi me paraissait un peu trop juste en temps pour le faire sereinement. Du coup, (tu ne l’as sans doute pas entendu de là où tu es, outre le millier de kilomètres qui nous séparent il y a aussi les Alpes à franchir), je t’ai répondu intérieurement et à plusieurs reprises. D’abord, cette phrase m’est venue que j’avais déjà cité sur Héraldie en partie dans un commentaire. C’était la deuxième partie de la phrase;

      Peut-être que le poème est le fragment de langage le plus utile à l’homme qui veut changer le monde...Être des hommes avec les hommes. Parler. (Entretien radiophonique de Georges Perros 1975)

      Et puis ensuite, j’ai pensé à La divine comédie. Oh ! J’ai fais une oeuvre d’art à partir de ce texte, c’était juste avant de partir en vacances, ça m’a pris le matin même et je ne voulais pas partir sans l’avoir terminé, du coup on a pris du retard, j’ai fais le texte sur la route ;

      https://misquette.wordpress.com/2015/02/14/175-la-divine-comedie/

      Oui, j’ai pensé à la divine comédie car j’ai réalisé que Dante dans son parcours que l’on peut appeler d’initiatique où il traverse l’enfer puis le purgatoire et enfin le paradis pour atteindre enfin l’empyrée est toujours accompagné, par un poète au départ, puis une femme, enfin par un religieux. Jamais seul. J’ai pensé à ça parce que je me disais que seul le langage pouvait nous amener à la pureté. Il faut se dire. C’est indispensable et il est impossible de se dire si il n’y a pas un autre. Se dire, écrire des poèmes, des messages comme je le fais actuellement.

      Suite à venir... Trop de caractères d'un coup.

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    13. La grande richesse de la psychanalyse c’est d’avoir mis ou remis, « Au commencement était le verbe » a t’on dis bien avant, la parole au coeur de la thérapie et d’une certaine façon, la vie est une maladie dont on guérie ou tout du moins on se soigne par la parole. J’ai fais aussi des études de psychologie, je me suis arrêté à la dernière année car j’ai du reprendre mon travail. j’ai fais les quatre années les plus pénibles, statistiques, psychologie cognitive, mais j’ai tenu parce que je savais qu’au bout il y avait ce qui m’intéressait, la clinique, j’ai fais mes stages, j’ai adoré, soins palliatifs, psychiatrie adulte et le mémoire. J’ai laissé le mémoire à l’état de projet. j’avais deux idées, la première était de montrer que la perception de la dissociation de la pensée était relative, c’est à dire qu’un même enchainement d’idée pouvait paraitre saugrenu pour les uns et pertinent pour les autres, j’avais même fait le recueil de données à partir d’enregistrements de patients que je demandais à des soignants d’évaluer en terme de cohérence. La seconde idée était de montrer en quoi la cure analytique s’apparentait à la pratique de la confession dans l’église partant du constat que la parole était dans les deux cas l’ »outil" utilisé. Ils s’agit en effet toujours de s’adresser à quelqu’un à qui on attribue un savoir sur son mal et de lui confier son tourment, je n’ai pas été beaucoup plus loin mais j’avais idée que ce qui libérait le pénitent c’était moins la « punition » qu’il devait exécuter que le fait d’avoir transformé ses maux en mots. Je passe beaucoup de temps à écrire (ça englobe lire), j’éprouve du plaisir à le faire mais ça ne vaut pas le plaisir que l’on a lorsque l’on vient en aide à quelqu’un. Je pense que les deux sont liés, je pense que pour être capable de ressentir de la compassion pour l’autre, pour avoir envie d’alléger ses souffrance, pour l’aimer donc, il faut avoir réussit à se dire. On n’y arrive jamais entièrement, heureusement, ça serait la mort du désir, mais parfois, on arrive à dire quelque chose et alors on se met à aimer le monde, la vie, l’humanité, l’autre. Inversement quand on arrive pas à se dire, on est malheureux comme un chien (Drôle d’expression, je connais des chiens qui semblent heureux, par exemple celui dont je parle dans « Le hérisson, le chien et le chaton ».

      https://misquette.wordpress.com/2016/01/13/le-chien-et-le-herisson/

      Tu le connais je crois, il est aussi ici. En fait, ils y sont presque tous.

      Voilà. Merci pour le partage de tes égarements, ils me permettent de m’égarer à mon tour.

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    14. Des réflexions passionnantes. Parler, dire, permet aussi de connecter avec ses propres représentations mentales et de les exprimer de manière à se faire comprendre, à transférer nos images intérieures dans le monde mental de l'autre, d'essayer de partager un monde commun. Les mots diminuent le besoin de passer par le corps pour se faire comprendre, c'est une économie du corps, et si le corps "entre moins en jeu" il prend moins de risque physique. Je pense que c'est pour cette raison que le virtuel est devenu tellement important. Un bien pour un mal ou inversement, parce que le corps doit lui-aussi faire des expériences et se "heurter" au réel.
      Je continuerai plus tard, le devoir m'appelle.
      Ps : j'ai essayé l'adresse de messagerie mais j'ai dû faire une erreur...

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    15. ...il y a effectivement un problème de format de messagerie, désolée, tu devrais avoir ma messagerie suite aux commentaires que j'ai laissés sur ton blog.

      Je n'ai pas d'expérience de confession étant née dans protestantisme, ça m'a toujours paru étrange de raconter ses histoires à un curé, mais bon, c'était vu de l'extérieur.
      Un jour je lirais la divine comédie, pas seulement des extraits! J'ai 2 lithos (reproduction sur soie) de Dali,départ pour le grand voyage et la barque de Nocher que j'aime beaucoup.

      J'ai bien aimé aussi la photo du hérisson dans l'écuelle du chien, ça me rappelle...mais ça, c'est une histoire pour demain.

      Bonne nuit

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    16. Je n'ai pas reçu de commentaires de ta part, à moins que tu ais un second pseudo, Luciole mais j'en doute. L'adresse de mon blog est misquette.wordpress.com, si ça ce trouve tu as été chez un concurrent ; ).


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  23. Je me souviens de la première fois où je suis allée au cinéma. C'était pour le film Pollyanna,fillette orpheline recueillie par sa tante. Deux moments étaient restés gravés dans ma mémoire : des petits arc-en-ciel déposés par les prismes du lustre sur les murs, chez un monsieur un peu étrange mais très gentil, qui joue à faire peur aux enfants. J'ai revu le film aujourd'hui, j'ai trouvé ce moment beaucoup moins magique que dans mon souvenir, mais assez similaire.
    Je me souviens aussi du moment où rentrant de la kermesse, Pollyanna tombe de l'arbre, en voulant éviter de passer par la porte pour ne pas se faire remarquer, puisqu'elle n'avait pas la permission d'aller à cette kermesse.

    Je me souviens avoir vécu la même mésaventure (était-ce avant ou après avoir vu le film, il 'est impossible de retrouver la chronologie) tombant de la corniche de la maison en tentant de rentrer dans ma chambre en passant par la fenêtre, puisque nous étions interdits de sortie et que mon père était rentré plus tôt que prévu.
    Malheureusement, en m'accrochant au volet mal fixé,je suis tombée dans le jardin exactement devant la fenêtre de la cuisine où il se trouvait, trahissant notre escapade. C'était la première fois que je recevais le martinet, et je crois que mon père a retenu sa main,ce qui n'était pas le cas pour mon frère.
    Je me souviens quelques années plus tard, lasse de le voir frappé si souvent, avoir volé le martinet puis je l'ai brûlé dans la chaudière. Le lendemain en nettoyant les cendres, j'ai retiré les clous qui fixaient les lanières de cuir sur le manche. Mon père a souvent demandé où se trouvait le martinet. Il n'en a jamais rien su.

    Luciole

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  24. Pour Chappaz, dont je devine qu'il était un de tes voisins, j'ai trouvé ce superbe poème déclamé par lui-même, toujours sur le thème de la mort ;

    https://misquette.wordpress.com/2016/03/27/alleluia/

    "Tu me donnes de la joie" dis-t-il à la mort !

    C'est un sujet qui me tiens très à coeur le châtiment corporel. J'espère qu'une loi lèvera l'ambiguité actuelle et le condamnera clairement. Pour le pays des droits de l'homme ça fait tâche alors que beaucoup de pays l'on déjà promulgué...
    Nous avions avec mes frères arrachés les lanières de cuir. C'est sans doute un de mes plus vieux souvenir. Ca marque un martinet ! ;)
    Tu es Suisse n'est-ce pas ?

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    1. C'est l'accent qui te fait penser que je suis Suissesse? :)oui, tu as raison.
      J'entendais parler de "dressage", de menace "de maison de correction". Le martinet était un moyen d'"éducation" fréquent au début du 20ème siècle.Maintenant au premier signe de maltraitance physique le service de la protection de la jeunesse intervient, heureusement.
      Comme tu dis, ça laisse des marques!
      Merci pour ce magnifique poème de Chappaz.

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    2. Pour ce qui est de la maltraitance physique, elle est encore tolérée en France en tout cas quand elle provient des parents d'où le projet de loi actuel sur une interdiction qui les inclurait.
      Pour la Suisse, c'est la Fontaine de la justice, il n'y en a qu'en Suisse que la justice a une fontaine et puis le fait que tu connaisses si bien Chappaz. Un grand poète. J'ai fais sa connaissance sur Beauty WSTW. J'y ai découvert plein d'artistes, euh... c'est un lapsus, de poètes ! Tu fais des commentaires, parfois tu laisses également quelques poèmes très bien sentis, ton activité artistique se limite-t'elle à ça ? J'en doute.
      Quel est ou était ta profession ?

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