mardi 19 avril 2016



Quatre-vingt.
Lettre qui s’enroule, tête et corps,
Et se déroule sans que sa limite ne soit perçue…
Lettre circulaire et concave,
Disponible et ouverte,
Réceptacle sanctifié de la Sainte Effusion du Miséricordieux,
Purifiée de toute souillure…
L’esprit reçoit le dépôt de Sa confiance
Dont il devra témoigner
Du commencement de son humaine stase
Jusqu’à l’ultime souffle du dernier descendant de l’Adam primordial.
Au temps de la Révélation,
Il vint, premier parmi les compagnons,
Témoin de l’incomparable Singularité de l’Unique sans second,
Ami véritable
Dont la poignée de main valait signature et engagement sincère,
Véridique en sa parole, juste et magnanime dans chacun de ses actes,
Prince de la chevalerie spirituelle,
C’est lui qui fut choisi pour conduire l’oraison
Et guider le peuple sur la Voie la plus droite,
Premier des quatre lieutenants.
Voici l’instant crucial
Du dernier témoignage de la descente providentielle du Verbe
Tout entier contenu
Dans l’ouverture liminaire de la Récitation sacrée.
Que les cœurs épris de Vérité
Scellent en leur amande intime,
Les sept signes de la fidélité sans faille :
Miséricorde et Clémence,
Louange Seigneuriale à l’intention des mondes,
Miséricorde encore et encore,
Roi du jour de la balance,
Adoration et Secours de l’unicité de l’Un,
Chemin de la verticale droiture,
Faveurs éminentes et protection contre la colère.
Que les cœurs combattants
Suivent les sentiers escarpés de la Victoire,
Ils gagneront, alors, les jardins de la grande Paix,
Où nul ne peut être inquiété pour ses fautes
Car ils seront abreuvés d’une eau si pure
Qu’ils seront rendus à leur nature première.
Que les cœurs apaisés
Se promènent à l’envi au milieu des senteurs suaves
Que répandent en tous lieux les épiphanies de l’Aimé.
Après avoir connu les jasmins de la Foi,
Ils recevront le flambeau de la vision unitive…
Et s’ouvrira pour eux l’œil de la pénétration intense des allusions subtiles.
Son nombre est quatre-vingt un.
Carré du premier des carrés numéraux,
Miroir de l’Unité se reflétant dans la réalité multiple.
Son nombre est neuf.
Gestation de l’être en ce monde,
Déploiement de l’Homme Universel
Dans la totalité des sphères,
Nombre jumeau de la lettre initiale.

8 commentaires:

  1. Sublime!
    Merci Jean d'Armelin pour Ce magnifique Texte.
    Les mots ne suffisent plus pour exprimer le ressenti!

    Naïla

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    1. Merci à vous dont les poèmes sont pour le moins vertigineux!

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  2. D'où le nom de la célèbre marque de savon.

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  3. D'où le nom de la célèbre marque de savon.

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  4. Jean, je voudrais quand même précisé, je ne l'ai pas fais jusqu'à présent car je pensais que ça allait de soi ayant maintes fois loué la beauté de tes textes, que outre mon trait d'"humour" (Peut-être ne fait-il rire que moi comme souvent) en lien avec

    "Réceptacle sanctifié de la Sainte Effusion du Miséricordieux,
    Purifiée de toute souillure…"

    je trouve ce texte magnifique. Quelle écriture !
    Je voulais aussi te dire que je me réjouis souvent de vous voir si complices en intelligence avec Naïla, j'ai peut-être tord, mais je pense qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui vivent ce que vous vivez et qui savent l'exprimer comme vous le faîte.

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  5. Cher Vincent,
    Je suis très touché de l'intérêt que tu portes à ce que je publie sur Héraldie.
    Mais je voudrais à mon tour apporter une précision. Cette connivence entre les poèmes de Naïla et les miens n'est pas de notre fait mais de la source à laquelle nous nous référons.
    De toute évidence, l'inspiration de Naïla est celle du débordement, comme un vase sous une cascade qui se remplirait continûment et dont l'eau serait toujours la même et sans cesse renouvelée.
    Pour ma part, je ne fais que rassembler des éléments qui semblent épars mais dont je sens qu'ils ont des relations intimes que je m'attache à mettre en lumière. Ce que je veux dire c'est que le poème s'écrit de lui-même, ou devrais-je dire qu'il est déjà écrit avant que j'aie saisi ma plume. Imagine un puzzle, même si on n'en possède pas le modèle, on sait d'avance que l'image existe et qu'il s'agit seulement de la reconstituer. Autre chose écrit en nous.
    Vois-tu, cela n'aurait pas eu lieu sans Héraldie et c'est bien là le génie de ce blog que de rassembler des gens aussi différents que Dame Pierrette, Cochonfucius, toi, Naïla (et pardon aux nombreux contributeurs que je ne mentionne pas) sous l'égide du Noble Blasonneux.
    Il y a dans tes poésies, une humanité qui transparait à la fois simple, parfois naïve et goguenarde qui en fait tout le sel. Grâce à toi et à d'autres, Héraldie est une sorte d'Utopie tout à fait salutaire à notre époque, montrant que la diversité n'est pas antinomique de l'harmonie et que comme le disait Georges Brassens : "Les seuls soldats qu'on doit suivre au talon, / Ce sont les p'tits soldats de plomb."
    Surtout Vincent, continue les traits d'humour qui ne font rire que toi, on ne sait jamais... Et puis muni d'une bonne savonnette et d'une bonne intention, on ne peut que s'engager sur le chemin de la pureté! Non?
    A très bientôt.

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    1. Ton commentaire me fait chaud au coeur. Je me réjouis qu’Héraldie puisse être le catalyseur de tes derniers poèmes. Cette série est superbe, en les lisant je me demande à chaque fois d’où vient, non pas ton inspiration, je crois savoir quelle source te procure et étanche ta soif, mais ton érudition. As-tu une formation en théologie ? Es-tu religieux ? Je commence à poser un peu des questions aux « Héralidiens », j’ai envie de faire plus ample connaissance, voir les échanges de souvenirs avec Luciole sur « La machine à laver ». Je rêve d’une rencontre avec tout le monde, en vrai. Même si on ne se voit pas ça n’empêche pas de vivre des choses ensembles mais de se parler "en direct » n’enlèveraient rien à cela, au contraire. Je lance l’idée, qui serait partant pour que ça ce fasse ?

      Sinon, ton image du puzzle trotte de ma tête, je suis allé fouillé du coté de Georges Perec car il emploie aussi cette métaphore.
      J.& S. A quoi jouez-vous Georges Perec ?
      G.P. Les jeux que je préfère, ceux auxquels je joue le plus, ce sont des jeux sur le langage. Les plus simples sont les mots croisés, et puis tous les jeux que l'on pratique à l'OuLiPo : on se prive d'une ou de plusieurs lettres, on en rajoute, on les dispose dans un certain ordre, on s'impose tel ou tel type de transformation, etc.
      Pour moi, tout cela fait partie d'un domaine assez vaste, où il s'agit « d'organiser des formes », et dont le modèle le plus élémentaire serait le puzzle. Le puzzle est, finalement, mon jeu favori, j'ai envie de dire : le jeu par excellence. »...
      « Organiser des formes » me parle aussi car c’est le sentiment j’ai quand j’ai composé un billet ou un poème, d’être en face d’"une forme". Je partage aussi ce sentiment que tout est là et qu’il faut « juste » (C’est un travail) assembler les morceaux. C’est d’ailleurs quand apparait cette forme que je sais que le poème est terminé. Tant que tout ne s’emboîte pas je recommence et parfois il faut tout démonter, mais quel plaisir, quelle joie même quand l’image apparait, pas forcément l’image que l’on croyait voir au départ d’ailleurs.
      Je n’envisage pas de faire en écriture autre chose que ce que j’aime, je fais ça pour moi, aussi je ne saurais me décevoir. Parfois ce que je fais ne plait pas autres, j’aimerais que ça leur plaise pourtant mais je ne ferais rien pour ça plaise à quiconque qu’à moi. je crois que nous sommes beaucoup dans ce cas.
      C’est un chemin de purification, créer. Je m’intéresse en ce moment à un peintre subversif, Clovis Trouille, je trouve que ses tableaux sont d’une grande pureté.
      « La chasteté est moins l’abstinence que la grâce de laisser tout ce qu’on touche d’une pureté de neige : la surnaturelle impossibilité de souiller la vie quoi qu’on fasse. » écrit Lydie Dattas dans « La chaste vie de Jean Genet.
      Dans mon esprit, beauté et pureté sont synonymes.
      Marc est un capitaine extraordinaire à réussir à nous faire cohabiter sur sa nef. C’est peut-être ça qui m’a le plus plu dans ton message, que tu insistes sur ça, sur ce mélange parfois détonnant (Il y a d’ailleurs des explosions dans certains commentaires) mais prolifique qu’il a composé.

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  6. Ce qui me réjouis ce sont les échanges entre heraldiens tellement fructueux.
    Les souvenirs que tu as partagé avec Luciole en sont un bel exemple. Le divin réside en l'humain et inversement. Et je vois grâce à vous comment tout se rejoint.
    Je ne suis ni érudit ni théologien, je ne suis qu'un passant qui cherche sa voie comme toi et comme nous tous.
    Souvent dans les ténèbres, parfois dans la lumière, je ne suis que le porte-plume qui transmet ce qu'il a entendu.

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