samedi 23 avril 2016

Buisson de sinople

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Ce buisson de sinople au désert peut survivre ;
La sève est pourtant rare au creux de ses vaisseaux.
Dans la nuit, on entend les démons se poursuivre,
Jamais, à cette plante, ils ne donnent l’assaut.

Loin du val qui fleurit et que l’averse enivre,
Cet arbuste a choisi le sable pour berceau.
L’herboriste Linné le raconte en un livre
Où quelques rois du monde ont apposé leur sceau.

Le vent sec lui conserve une belle jeunesse,
Il voit venir le soir sans crainte ni tristesse ;
Il pense que pour lui, le ciel fut indulgent.

Il aime savourer le parfum de la brise.
Il est bien accroché, par sa racine grise,
Aux profondeurs du sol, à l’espace, et au temps.

Cochonfucius

7 commentaires:

  1. Hum! Si les démons ne donnent jamais l’assaut à ce buisson, c'est qu'ils le respectent. La question devient alors: pourquoi le respectent -ils?

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    1. Le fils du charpentier commandait aux démons.

      Le buisson est peut-être son cousin.

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    2. Ah oui, bien vu, ça ne m'étonnerait pas que le fils du charpentier et le buisson aient un lien de parenté. D'ailleurs ils s'expriment dans le même style. Le fils du charpentier dit qu'il est le fils de l'homme et le buisson dit qu'il est celui qui est. A mon avis vous avez raison Cochonfucius, ces deux là sont de la même famille.

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  2. Et vous commandez aux mots et aux rimes avec une grande finesse.

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  3. C'en est même renversant, Cochonfusius est capable de prendre (c'est d'ailleurs ce qu'il fait le plus souvent) un sonnet, souvent ancien et d'en composer un autre en utilisant non seulement les même rimes, ça serait trop simple pour lui, mais les derniers mots de chaque vers, il y a biensûr des fois où il ne peut n'utiliser que la rime mais la plupart du sonnet est composé de cette manière et qui plus est, au niveau du sens, le sonnet est impeccable, poétique quoi, on n'y voit que du feu. C'est en allant sur un de ses liens qu'il joint à ses compositions, j'y étais déjà allé auparavant, que je me suis rendu compte un jour du procédé. En dépit de son pseudo un peu rigolard, nous avons à faire à un maître et un écrivain comme Georges Perec qui utilisait lui aussi la contrainte eu sans doute aussi été impressionné par sa "grande finesse", en tout les cas pour moi, ils jouent dans la même catégorie.

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