samedi 9 avril 2016

`Ayn

`Ayn

Soixante-dix.
Terme de l’ascension,
Porte de l’illumination,
Richesse du dénuement total !
Essence de l’œil de la vision essentielle,
Loin du néant et des habitudes.
A chaque instant,
Le serviteur est à une œuvre,
Tour à tour licite et illicite.
Immergé dans la sollicitude immense de l’infinie miséricorde,
Celui qui a dépouillé l’homme ancien
Et qui a revêtu la robe du jeûneur,
Sait combien lui coûte son esclavage.
Il comprend que la préservation et la rétribution
Sont les fruits du retrait de ses actes.
Le disciple porte son regard,
Attentif,
Sur la Lumière de l’incommensurable.
Vois !
C’est que son adoration se fonde sur la pure doctrine
Nourrissant son intellect.
Source et principe tout à la fois,
Racine de tous les mondes,
Réalité intime,
Amande du cœur sublimé.
L’aspirant n’est plus tributaire de la marche du siècle.
Devenu le dépositaire d’une science certaine,
Il distingue
Chaque grain de sable,
Chaque vague de l’océan,
Chaque goutte de pluie !
Il n’est pas arrêté par impossibilité de nombrer
Car son œil pénétrant
Distingue les plumes de l’aigle une à une,
Ainsi que les feuilles de l’olivier et les grains de la figue,
Sans pour autant que l’universalité de chaque être ne lui soit voilée !
Car, pour lui, la multitude ne saurait faire écran la vision de l’Unique,
Tandis que la Lumière éblouissante de l’Un ne saurait lui voiler les créatures !
Nulle faute ne lui sera reprochée
Car l’indulgence du Miséricordieux efface le moindre de ses faux pas.
Son regard alterne de la cause à l’effet et de l’effet à la cause,
Son cœur tantôt se tourne vers l’ouest, tantôt vers l’est,
Jusqu’à occuper l’espace de la terre entière.
Peu s’en faut qu’il ne devienne le flambeau des indigents
Lui dont la vie est une aumône.
Son nombre est cent trente et un.
Universalité du Ciel produit par l’Unique.
Son nombre est cinq,
« Lui ! »
Ordonnateur des prières et des gestes,
Des jeûnes et des aumônes,
Instituant les causes de la purification
Et appelant Ses témoins au Pacte constituant.

Peinture de Brian Jekel

4 commentaires:

  1. Que la Paix et le Salue de l’Unique Ordonnateur soient avec et sur vous M. D’Armelin.
    L’œil est et restera à la fois et une merveille. Il est l’organe de la vue, de l’observation, de la contemplation... Chez les Connaisseurs, il est l’une des portes du cœur.
    Le TOUT PUISSANCE dit : « … Car ce ne sont pas les yeux qui s'aveuglent, mais, ce sont les coeurs dans les poitrines qui s'aveuglent. » (EL-HAJ.46).
    Je vous suis avec émerveillement lettre après lettre. Chaque fois, je tente de retrouver les différentes valeurs que vous citez. Mais, je n’arrive pas.
    D’après les tableaux, la lettre « ع » vaux 70. Ce que vous annoncez au début. Plus loin, vous faites allusion aux valeurs 131 et 5. Mystère.
    Que l’Unique ouvre les yeux de nos cœurs et nous offre la voyance et vous aide à nous instruire.
    M.M

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  2. Cher Ami,
    Je vous remercie infiniment de l'intérêt que vous portez à mes textes. Je joins volontiers mes prières aux vôtres et je vous réponds en espérant que le tout puissant me guide.
    Le nombre 131 est la somme des nombres de chacune des lettres du nom de la lettre : 'ayn = 70, alif = 1, ya = 10 et nun = 50. Le nombre 5 est l'addition des chiffres de 131.
    Ce principe est utilisé dans chacun des poèmes. Mais comme on dit : "Dieu est plus savant..."

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  3. Cher M.d'Armelin,
    Que DIEU vous bénisse et vous fasse parvenir à la Sagesse de ceux qui le connaissent (El-'arifina biLLAH).
    Encore merci.
    M.M

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  4. Cher Ami,
    Je forme les mêmes prières en ce qui vous concerne. Quant à être un connaissant, je crois que notre vraie richesse est d'accepter et de cultiver notre ignorance. Si je dis cela c'est que Seul Dieu est le Connaissant et que le mot Tradition, comme l'enseignait René Guénon, signifie transmission. Ainsi, ce que nous recevons de sa part doit absolument être restitué car ce n'est qu'un dépôt qui nous est confié et non un don qui nous est fait. Les véritables dons, la véritable faveur divine, c'est le chemin vers Lui, ce que j'appellerais le pèlerinage, et l'invocation ou le rappel.
    A très bientôt

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