samedi 19 mars 2016

Nerval voit un dieu mort

Toile de Arnold Böcklin (1827-1901)

La dentelle des mots sur la Toile est brodée
Et d’étranges concepts y construisent leur nid.
Un auteur, pour chercher ce qui les réunit,
S’efforce d’accrocher à chacun une idée,

Sans pouvoir avancer, même d’une coudée ;
Ce vieil auteur oublie ces mots mal définis
Pour exercer ailleurs son esprit démuni.
Vainement de sonnets la Toile est inondée :

Lorsque l’esprit divin s’avançait sur les eaux,
La poésie planait sur le moindre ruisseau
Et faisait scintiller les flots de l’Atlantique ;

Maintenant nul ne voit le visage vermeil
Du Dieu qui alluma la lune et le soleil ;
Nul ne parle avec lui, le soir, sous les portiques.

Cochonfucius

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