jeudi 24 mars 2016

Maître Coq en sa droiture

Blason de Bussière-Galant  (Vienne)

Que l'on me trouve à dextre ou à senestre,
Mon franc regard pointe dans la même direction,
Sans séparer le céleste du terrestre ;
Telle est ma droiture, c'est un point de correction.

Me croit-on penser comme l'on se donne une posture
Ou ne parler que par désir d'approbation ?
Suis-je du genre à mettre mes doigts sur la couture
Ou à placer ma libre parole sous caution ?

Voire même à finir dans la marmite de frère Eugène
Qui, de m'y voir comme coq au vin, point ne s'en gène ?
Je suis un dur à cuire car j'ai le cuir tanné !

L'on pense que je fais le fier ou que je badine ?
En vérité, je vois mon soleil qui décline,
Ne sachant pas même si je finirai l'année.
_____

D'argent au rameau de buis de sinople, accompagné
de deux têtes de coq de gueules, allumées d'or.

10 commentaires:

  1. Je ne sais pourquoi, Cher Marc, ce discours du coq me remet en mémoire l'histoire vraie d'un coq auvergnat que je connus jadis. C'était un véritable tyran de basse cour. A longueur de journée, il pourchassait ses poules, leur grimpait sans vergogne sur le dos et prenait un malin plaisir à leur déplumer le cou.
    Sans doute pris de pitié pour ses poulettes et souhaitant faire plaisir à ses invités, le propriétaire fit, un jour, cuire le coq au vin. Mais sa viande était aussi dure que le bois et d'une couleur verdâtre fort peu appétissante. Nous jetâmes la carcasse aux ordures. Aussitôt, les poules se ruèrent sur le défunt le picorant jusqu'à l'os.
    Qu'en dites-vous, cher ami? Y-a-t-il une morale à cette histoire?

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    1. L'anecdote est fort intéressante et revêt même une valeur allégorique. Quant à la morale, je ne sais trop sinon que la chair du coq s'est finalement retrouvée en celle de ses poules qui, sans doute, n'en ont cuit que mieux quand leur tour fut venu. Le coq sera dévoré d'abord puis consommé quand même, simplement de manière indirecte.

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    2. Si je peux me permettre de faire partager mon interprétation, il s'agit de la part des poules d'anthropophagie amoureuse, c'est à dire que l'ingestion de l'autre signifie l'amour qu'on a pour lui. De la même manière, symboliquement les catholiques ingèrent le corps du Christ sans oublier son sang. Du reste on comprend les poules qu'il a su si vigoureusement honorer !

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  2. Pourquoi Maître Coq se vante-t-il d'être un dur à cuire? Là est toute la question! Sa chair ne doit plus être comestible en ce cas, ni savoureuse!

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    1. Maître Coq, qui a toujours un peu l'air de fanfaronner et de plastronner, se veut ici exprimer, sinon son irréductibilité, du moins son intention de l'être. En vérité, seul l'Amour d'une poule le saurait cuire à point et le rendre savoureux.

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  3. Une poule qui aimerait un tel coq par delà son côté fanfaron est une gente poule, au regard fin et au coeur d'or.
    Du coup, est-elle encore une poule?
    Nous sommes plus dans la basse-cour!

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  4. *Nous ne sommes plus dans la basse-cour.

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    1. Une gente poule, en effet, et bien plus encore. L'on passerait en haute-cour, assurément.

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  5. Voilà, ma foi, un échange fort réjouissant ! Au fond, toutes ces histoires de coqs, de poules et de basse-cour ne sont que des prétextes.
    En tout cas, depuis tant d'années, la chair de ce dur à cuire me restait quelque peu sur l'estomac, mais votre dialogue m'a purifié de mes aigreurs... Et je vous en remercie du fond du coeur.
    Je vous souhaite à tous la Pâque fort joyeuse. Toutefois, n'abusez pas des oeufs et laissez-en pour les bons moines d'Héraldie qui ont tant souffert au Carême !

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  6. Du vin maître coq? mais alors du bon!

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