jeudi 10 mars 2016

Dieu seul suffit *

Peinture de Joseph-Marie Vien (1716-1809)

Le bonheur c’est de ne pas avoir de soucis,
Quoi qu’il arrive, ne pas être dans la peine.
Thérèse d’Avila en est archi-certaine,
Pour avoir cet état d’esprit, « Dieu seul suffit ».

Je vois un paradoxe dans ce qu’elle dit ;
Comment peut-elle aimer tout en restant sereine ?
Quand le cœur d’un roi fond pour celui d’une reine,
Il tremble à l’idée de voir partir sa chérie !

On serait zen en se contentant de soi-même ?
Mais en même temps, quand personne ne nous aime,
On est malheureux à en devenir marteau…

Impossible d’être en paix sans l’amour d’un autre,
C’est le message de Jésus à ses apôtres,
La sainte croit qu’à jamais il l’a dans la peau.

Vincent
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Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. Élève ta pensée, monte au ciel, ne t'angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus Christ d'un grand cœur, et quoi qu'il arrive, que rien ne t'épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n'a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas. Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n'y a pas d'amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l'âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s'il se voit assailli par l'enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l'on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Amen. »

2 commentaires:

  1. Vincent,
    Comme vous avez raison, il y a bien un paradoxe! Quoi de plus normal dans un monde qui est le lieu de la dualité et des oppositions, de la cofrontation et de la solitude, de la présence et de l'absence. "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé".
    Vous prenez l'exemple de ce roi qui craint le départ de sa belle. Ce sentiment vient souvent de ce que nos amours humaines tout en étant sincères sont entachées d'un désir de posséder l'autre, d'en avoir l'exclusivité. Si bien que cet amour, à l'origine innocent, peut se muer parfois en une haine farouche. Combien de femmes sont-elles tombées sous les coups fatals de la jalousie!
    Cependant, quand on réalise que l'on ne possède rien quand bien même nous serions l'empereur du monde, on aime sa belle sans attendre le moindre retour, sans chercher à la contraindre en quoi que ce soit. On peut alors aller jusqu'à aimer les souffrances qu'elle nous inflige. On peut désirer avec ferveur son absence pour mieux profiter de sa présence. Car on comprend que cet être, pourtant distinct de nous, est un autre nous-même et une miraculeuse manifestation de la présence divine.
    A bien y regarder, vous verrez que c'est ce que nous chante Naïla dans chaque poème qu'elle nous donne à lire.
    Enfin, le pendant de l'amour n'est autre que le pardon qui est sans doute un des point les plus important de l'enseignement du Christ. Mais je ne vous apprend rien.

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  2. Ton commentaire en suscite de nombreux dans mon esprit dans un premier temps, j'ai pensé à ce poème, pour le reste de ma réflexion, sans doute quand j'aurai plus le temps d'écrire.
    Bonne journée


    Ce que l’Amour a de plus doux, ce sont ses violences ;
    son abîme insondable est sa forme la plus belle ;
    se perdre en lui, c’est atteindre le but ;
    être affamé de lui c’est se nourrir et se délecter ;
    l’inquiétude d’amour est un état sûr ;
    sa blessure la plus grave est un baume souverain ;
    languir de lui est notre vigueur ;
    c’est en s’éclipsant qu’il se fait découvrir ;
    s’il fait souffrir, il donne pure santé ;
    s’il se cache, il nous dévoile ses secrets ;
    c’est en se refusant qu’il se livre ;
    il est sans rime ni raison et c’est sa poésie ;
    en nous captivant il nous libère ;
    ses coups les plus durs sont ses plus douces consolations ;
    s’il nous prend tout, quel bénéfice !
    c’est lorsqu’il s’en va qu’il nous est le plus proche ;
    son silence le plus profond est son chant le plus haut ;
    sa pire colère est sa plus gracieuse récompense ;
    sa menace nous rassure
    et sa tristesse console de tous les chagrins :
    ne rien avoir, c’est sa richesse inépuisable.

    HADEWIJCH D’ANVERS, Poèmes spirituels.

    http://www.franceculture.fr/emission-poeme-du-jour-avec-la-comedie-francaise-poemes-des-beguines-25-2014-05-20

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