dimanche 7 février 2016

Le gage

Peinture de Gustave Caillebotte (1848-1894)

                              Je suis le témoin de ce qui ne se voit pas...
                              Ne serai-je pas perplexe en ma perplexité
                              De recevoir en ma main ce qui n'a pas été donné ?

                              Mon propos est obscur, je le sais.
                              Qu'y puis-je si ma nature est ignorance et pauvreté ?
                              Je ne suis pas le maître des secrets...

                              Ni le gardien des semences...

                              Je ne suis qu'une terre
                              Qui recueille sans avoir demandé.
                              Si je préserve mon humidité native,
                              Je donnerais des fruits en abondance,
                              Si je m'abandonne à la sécheresse,
                              Les graines gracieusement déposées en mon sein
                              S'envoleront vers des contrées plus fertiles.

                              Aussi, je garde comme un trésor des plus précieux
                              Mon ignorance et ma pure indigence 
                              Qui sont le gage de ma fidélité.

2 commentaires:

  1. Qu'il est petit celui qui ne s'est jamais perdu en soi-même comme dans un désert sans route;
    Celui qui vient à une place et dit: je suis là, je ne suis pas ailleurs...
    Mais celui qui traverse le monde et ne peut pas gagner son propre rivage,
    Celui qui fait plusieurs fois naufrage en soi-même,
    Celui qui ne sait pas son propre nom,
    Celui que Dieu ébranle et ne laisse pas reposer comme la lune qui fait sans cesse osciller la mer,
    Celui-là est l'homme...
    Une grande misère.

    Marie-Noël

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    Réponses
    1. J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire: me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie » Henri Michaux dans Passages (1950).

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