lundi 8 février 2016

Heureuse surdité


Par les lettres et les noms des vocables
J'entends le monde et la multitude engendrée par le « Sois ! ».
Ami, comprends que cette audition est silencieuse et parfaite.
Je suis un sourd qui entend
Et mon infirmité native est le vase de l'éloquence et du Verbe.

Il me faut, chaque instant être attentif au bruissement assourdissant de la feuillée battue par le vent,
Saisir le moindre crépitement de pluie sur la terre asséchée et discerner la clameur étouffée des âmes quand elles s'agitent.

Serai-je alors, l'auditeur libre des lettres capitales en leur exaltation et le témoin de l'écriture cursive de l'interprétation des signes ?

Ne serait-ce pas là le fait d'une plume orgueilleuse ? Ou bien, est-ce l'abandon de la main au maître du calame ?

Ce sont pourtant les mots qui agissent les êtres et leur octroient qualités et nature.
Ce sont les mots encore qui articulent nos temps et nos espaces dans la procession inlassable des terres passées et des siècles à venir.

Comme des phrases inscrites pour toujours sur la table invisible,
Ils ordonnent l'univers et rassemblent les êtres en une multitude unique.

Le chant est la respiration des mondes, 
La psalmodie, prière pour les hommes 
Et la récitation, réminiscence des âmes esseulées.

Que tout poème, alors, soit le témoin de la sincérité et le héraut des sphères inexplorées !

2 commentaires:

  1. Merci Jean D'Armelin de nous offrir ces moments de pures fécondités, ces moments, qui semblent se chanter en L'Enchanté, en ces paradoxes, en ces complémentarités.
    J'y surprends, sans me surprendre, l'indicible qui se veut, ici, s'offrir en ce que je nomme bien simplement, L'Interrogé.
    De perplexité en perplexité, de complexité en complexité, soudain émerge cette transparence du recueillement.
    Rosée virginale et aimante.
    Ce qui est Beau s'en retourne vers Le Beau.
    Ce qui se poétise s'en retourne vers La Poésie.
    Pourtant, Jean d'Armelin, je vous le dit: soyons Amant de chaque instant en Ses Épousailles!

    Naïla

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  2. Ne me remerciez pas, Naîla. C'est à vous qu'il faut rendre hommage pour les bouquets poétiques que vous nous envoyez.

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