mercredi 24 février 2016

Dernière escale

Peinture de Paul Hoecker (1854-1910)

Elle était assise sur un banc de pierre, au bord
D'une allée arborée qui s'allongeait à perte
De vue et qui était étrangement déserte,
Aux prémices d'un jour qui, de prime abord,

S'annonçait quelconque en sa pâleur moribonde ;
J'ignorais encore que s'ouvrait un jour sans fin
Et que le bord de l'allée serait celle du monde
Dont je perdrais à jamais toute soif et toute faim.

Dès la première seconde, l'âme fut prise toute entière ;
Les décors tombèrent, il n'y eut plus de frontière ;
Seul demeurait l'instant, en l'infini mouvant ;

C'était de ma nef, je le sais, l'ultime escale.
Mes Compagnons, voici venue l'heure virginale ;
J'ai toujours su que ma cabine serait mon couvent.

5 commentaires:

  1. On dirait que tu parles à la place de quelqu'un qui est (était ?) sur le chemin des étoiles.

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  2. Oui, en quelque sorte. Qui est et qui était...

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    1. Ceci explique cela.

      C'est un très beau poème, il est à tel point parlant qu'on le croirait de Frère Maurice ou d'une personne connaissant la vie monastique.

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  3. C'est la cabine du derviche qui contemple la mer à perte de vue! :)) Quelle Merveille!

    Cielespoir

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  4. De votre cabine-couvent, Marc le Blasonneux, j'espère que vous avez une vue sur le monde entier avec toute sa lumière, ainsi cette cabine devient en effet un lieu de retraite où l'amour de la création peut oeuvrer sans fin.

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