samedi 9 janvier 2016

Sans rechercher le temps perdu

Toile de svetoslav stoyanov

Le temps jamais ne parle, et n’a point de visage.
Il nous défait, sans même entreprendre un combat ;
Comme dans la tourmente un vieil arbre s’abat,
Laissant indifférent l’agreste paysage.

À chacun d’entre nous d’accepter ses ravages.
En quittant nos régions, nous ne le fuyons pas ;
Le sombre métronome, allant d’un grave pas,
Se fait entendre aussi sur les lointains rivages.

En arrière de nous est un temps déjà long,
Nous en avons perdu les plus anciens jalons,
Premières excursions et premiers pas de danse.

Acceptons ce déclin, c’est le jeu, c’est la loi.
Restent quelques sonnets, qui sont de peu de poids,
Pour servir de témoin à nos brèves présences.

Cochonfucius

3 commentaires:

  1. Ces poèmes et ces sonnets "enlacent l'infini d'une gerbe lumineuse".
    Ils relient les âmes. Ils sont infiniment précieux.
    Laissons le passé, n'attendons pas demain, aimons aujourd'hui ce qu'il est possible d'aimer, dans cette étincelle d'amour se trouve tout l'amour.
    Luciole

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  2. "Nous avons en nous d’immenses étendues que nous n’arriverons jamais à talonner. Mais elles sont utiles à l’âpreté de nos climats, propices à notre éveil comme à nos perditions.

    Comment rejeter dans les ténèbres notre cœur antérieur et son droit de retour ?

    La poésie est ce fruit que nous serrons, mûri, avec liesse, dans notre main, au même moment qu’il nous apparaît, d’avenir incertain, sur la tige givrée, dans le calice de la fleur.

    Poésie, unique montée des hommes, que le soleil des morts ne peut assombrir. La seule signature au bas de la vie blanche, c’est elle qui la dessine."

    René Char, Parole en archipel

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  3. La poésie, une construction qui se partage à l'infini.

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