jeudi 14 janvier 2016

Pour toujours

Peinture de Rassouli


Frère et sœur, nous le sommes rassemblés en Sa main depuis le jour du pacte.
Au don du jardin d'unité, nous avons répondu par la séparation des cœurs, des âmes et des corps.
La sentence du Verbe fut alors prononcée, inéluctable et tranchante.

C'est ainsi qu'Adam-Eve fut plongé dans la furie du sang des guerres séculaires,
Errants du désert de l'oubli au feu du souvenir,
Prosternés dans la fange, dressés dans leur orgueil,
Misérables, incertains, pitoyables
Et pourtant d'une infinie noblesse
Quand le regard de l'Unique soudain se lève devant eux…

De la fureur et du sang des batailles
A surgit le soldat fourbu et titubant
Alors qu'à l'horizon au combien si lointain est apparue l'Amie.

Ses blessures sont béantes
Et le sang coule encore
Mais il est de retour car l'Amie est venue.

Il relève la tête et reprend le chemin
Et s'il n'a pas encore abandonné les armes
Il sait qu'en sa contrée, L'Amie sourit déjà.

La tourmente et les cris des mourants,
La morsure du fer et du feu nourrissaient en son temps l'oubli et le dédain,
Mais le visage de l'Amie enfin lui a rendue la mémoire et la langue.

Et si la guerre est la nuit en ce monde
Et la mère du malheur et de la déchéance
L'Amie bienveillante et fidèle connaît seule le secret du baume et de la guérison.

Voyez, ma sœur, le soldat sans regret dépose son armure et referme ses plaies,
Il revêt le pourpoint de l'amour éternel, s'habille de modestie, et se tient à l'entrée

Car l'Amie apparue a exigée de lui la bienséance ainsi que la mesure.

3 commentaires:

  1. Tant de simplicité, de noblesse de tendresse dans ce texte. Un trésors!
    Jean d'Armelin, c'est les mains tendues en prière que j'accueille ton poème.

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  2. Oui... c'est une vraie Grâce que de rencontrer l'Amie! Ô Seigneur, merci à l'infini! Merci mon "Amie"!
    Christine

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