vendredi 22 janvier 2016

Pour Albert Samain

Toile de Agnes Toth

Notre vie se fragmente avant qu’on ne la brise ;
Chaque fois qu’on renonce à passer aux aveux,
À prendre l’occasion fugitive aux cheveux,
C’est un peu de notre âme envolée dans la brise.

Quand, sur de beaux portraits, nos regards s’électrisent,
La flamme parcourant le système nerveux
Brille de plus d’éclat qu’un milliard d’autres feux ;
Mais souvent, c’est en vain qu’un pauvre cœur se grise.

Ce cœur ne monte pas, tel un nuage, aux cieux
Vers lesquels on nous voit, la nuit, lever les yeux.
Il s’endort dans le froid, s’éveille dans la brume,

Avance au long du jour, porté par des soupirs,
Et garde au creux de lui, profond, le souvenir
D’avoir été, jadis, léger comme une plume.

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