jeudi 21 janvier 2016

Petits paradoxes de la vie ordinaire

Peinture de Daniel Therasse

                             1
                         L’engrenage des jours
                         Comme un silence armé
                         Sourire à la Lune

                         2
                         Il te suffit d’aimer
                         Ton regard est nuisible
                         Aux yeux de l’assassin

                         3
                         Ceci n’est rien
                         L’inaudible hors de portée
                         Comme un petit gravier dans ta chaussure

                         4
                         A la tombée du jour
                         Le peuple des oiseaux se rassemblent
                         Bruyant bavardage…Silence

                         5
                         Au jour suivant la Lune se meurt
                         Beaucoup de gens se rassemblent
                         Les yeux au ciel

                         6
                         Au jour suivant
                         C’est le Soleil qui quitte la partie
                         Les rues désertent la ville

                         7
                         Encore un temps
                         Et la Terre trop meurtrie
                         Rejettera sa charge

                         8
                         Puis les Montagnes excédées de fatigue
                         Se répandront et s’envoleront
                         En mille flocons de laine

                         9
                         Et l’Océan nous réclamera son dû
                         Les hommes refusent de l’entendre
                         Petite folie grand désastre

                         10
                         Ayant rompu le fil
                         De l’âpre verticale
                         L’Homme conduit la Mort dans son propre lit

7 commentaires:

  1. Il y a une dimension eschatologique dans cette curieuse composition...

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    1. Chère Justine,
      Vous avez visé juste! Merci.

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  2. La Terre aura cette Secousse
    Et chaque chose parlera:
    "Quoi, ne puis-je rien cacher?
    Cela ne devait nullement être révélé!
    Voici que chacun de mes membres
    Me trahit, et je ne puis les faire taire."
    Ici, la Terre s'éventre et le sang se répand
    Les torrents charrient ma misère
    Ici, lorsque tout se fend,
    Honte en ces ténèbres, et Effroi
    "Que fais-Tu ainsi à Tout dévoiler?
    Puis-je me cacher, Soleil
    Plus aucune Ombre
    Je suis sans Protection
    Les reliefs aplanis
    Ici, mes mains Te supplient
    Soleil, aie pitié de mon Ignorance
    Que Les Voiles de Ta Clémence
    Abritent mon corps qui tremble
    Ta Majesté est Impressionnante Puissance.
    De Par Tes Grandes Libéralités, Tes Pures Faveurs
    Renouvelle La Création en Une Bonne Nouvelle
    Couvre-notre nudité des Drapées de Ta Pudeur
    Ô que cette Vie devienne Grâce et Lumière
    Ici, que Ce Jour soit Notre Jour
    Depuis les Longues Nuits
    Ici, que La Secousse soit
    Nous révélant Ta Présence
    Vidés de notre Absence
    Unis enfin
    A L'UN.

    Naïla

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    1. Naila
      Je vous remercie pour ce poême aux allusions aussi claires que l'eau de source.

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    2. Jean d'Armelin,

      C'est moi qui humblement vous remercie de m'extraire de certains de mes silences, et de je ne sais quelle inertie.
      Oui, et n'en doutez pas.
      Merci infiniment.

      Oserais-je ajouter ceci: Tout est en nous, y compris cette Eschatologie évoquée. En ce voyage intérieur, tout est vécu avant d'être vécu.

      Naïla

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  3. Ah, ça! Je suis entièrement de votre avis. Il n'y a qu'à découvrir ce qui est de toute éternité.
    Merci plutôt à vous de bien vouloir dialoguer avec moi et surtout de nous apporter tant de subtilité dans un monde qui en manque tant.

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  4. Nous nous rendons ridicules à dépenser tant d'énergie à réaliser un rêve déjà vécu (1985)

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