samedi 30 janvier 2016

Où aller encore ?

Peinture de Vladimir Kush

La nuit nous enveloppe telle une chrysalide
Et le matin libère, au lieu d'un papillon,
Une chenille qui balbutie dans le jour livide
Où la charrue du mental creuse les mêmes sillons.

Je sens chacun des instants lever telle une pâte
Dont la cuisson libérera cette bonne odeur
De pain pétrie que l'on porte à sa bouche sans hâte
Et qui renvoie tout autre mets à sa fadeur. 

Ou aller encore quand on est en ce Centre,
Lors qu'en lui s'accomplit ce qui fut l'ultime quête ?
N'ai-je pas vaincu le dragon dont j'étais l'antre ?

Que m'importe d'entrer en Eden quand derrière moi
Le monde poursuit le chaos en ses vaines conquêtes ?
Vivre c'est aimer ; nul ne s'égare sur cette Voie.

4 commentaires:

  1. "L'effleurement subtil et balbutiant" alias Minus Ninformatique a encore frappé: "Le nuit"?
    Décidément il se passe quelque chose en Héraldie!

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    1. Merci. Le masculin et le féminin ont tendance à se confondre ces derniers temps.

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  2. Magnifique poème !

    Sabrine

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  3. Petit exercice de grammaire que de lire les textes en transgenre :)
    du coup l'éclairage révèle de nouvelles émotions.

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