vendredi 15 janvier 2016

Le Testament de Job

Peinture d'Arthur Szyk (1894-1951) Le Livre de Job 
Lorsque de ta pauvre vie, l’âme de ton sang sera ôtée,
Et qu’une ombre insidieuse et funeste couvrira ton misérable corps d’un linceul de grisaille 
Et que ton œil éteint aura cessé de t’éclairer le monde,
Tu goutteras alors l’absence de l’absence qui jadis était le feu même de l’amour invincible, 
Tu verras dans la nuit de ton aveuglement le néant du néant et le vide absurde de ton humanité prétentieuse et burlesque. 

Le fleuve majestueux de ta pâle existence ne sera plus alors qu’un sentier de pierrailles,
Un souvenir illusoire d’une navigation sans but.
Et te voilà… Tel celui qui croit affronter l’océan et qui pourtant suffoque …et se noie… 
Dans une misérable flaque au milieu des crapauds. 

Et si cette complainte nourrit ton désespoir, 
Sache que tu ne sais rien de mon exil 
Et que tu n’as rien su de l’abandon ni du silence oppressant de l’aimé… 

D’ailleurs, si tu savais cela, le désert lui-même te semblerait un paradis luxuriant 
Au regard de l’effroyable solitude où je demeure désormais malgré moi. 
Et si la terre toute entière était d’un coup d’un seul veuve de tous ses habitants 
Tu serais loin d’imaginer l’inexistence de la vie que me prêtent les gens. 

Là où je me tiens, si proche en apparence de ces fantômes citadins et pourtant étranger aux simagrées urbaines, 
Ici, en ce lieu disloqué, sais-tu ce que les mots ont perdu de sens et de parole ? 

Ne vois-tu pas que les gestes sont désarmés et que le goût des délices s’évapore à jamais ? 

Ici, je marche des ruelles carcérales qui ne connaissent ni le ciel ni l’espace,
Des ruelles d’amertume et d’ennui qui traînent l’ombre efflanquée d’un Baudelaire de banlieue. 
Ici, je suis une feuille morte, piétinée, oubliée, livrée au vent de la mort sans même un tout petit espoir d’éternité. Ici, ne me reste qu’une vie de non-lieu qui n’est ni la vie ni la mort ni même un entre-deux.
Ici, c’est la promiscuité extrême qui m’éloigne de tout et me met hors de moi, de ma vie, de ma vraie patrie, de mon amour, de mon amour, de mon amour…

3 commentaires:

  1. Le Compagnon

    En L'Océan de mes tumultes
    En ces vagues de douleurs
    Des tortures devenues luttes
    Les affres empoignants le cœur
    Le sang mêlé à l'incertitude
    Lors que gémissait le corps
    En ces défaites de l'âpre solitude
    Au milieu des ruines et du désaccord
    Gisante en la vallée de la mort
    La poitrine écartelée par les secousses
    Hurlante en la nuit du désespoir
    Des larmes chaudes et presque douces
    Depuis les abysses infernales, encore
    Ta Voix résonnait du seul Espoir
    En ces ruines avérées, jaillit Ton Amour
    Que mes fleuves intimes déversaient
    Les terreurs du Néant m'encerclaient
    Et Tu fus Celui qui me tint fermement
    Ce ne sont que de vaines peurs
    Entre Ombre et Lumière, Je suis L'Amant
    Depuis ces rives incertaines et tant de heurts
    Sont La Sagesse Éternelle et La Pleine Vision
    Des chaos du faux Néant, se trouve Le Compagnon.

    Naïla

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  2. Ô mon Âme

    Étreinte par les Larmes de Son Amour
    M’efface en Son Puissant Désir
    Je suis L’Océan de toutes les douleurs
    Remous violents qui se veulent revenir
    En ces sanglots, en ce poignant Discours
    Unifier en ces secousses du cœur
    Pleurer pour chacun qui se meurt
    Être Présente pour chaque soupir
    J’entends gémir L’Humanité esseulée
    Les affres qui jusqu’ici se font sentir
    Ivre, semble-t-elle, d’être si désespérée
    Ô mon Âme, pétrie en cette chair
    Ô mon Âme, en ces vagues de souffrance
    Mon cœur s’ouvre à la Seule Fraternité
    Et je pleure, Ô mon âme qui m’est si chère
    Je t’aime au creux de ta désespérance
    Je t’aime violemment, au creux de ma douceur
    Je t’aime de cet Amour qui est La Transcendance
    En ton Humanité oubliée, dans l’Espoir de ton Bonheur.

    Naïla

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  3. "Pauvre comme Job" épreuve du dépouillement.Epreuve de la foi en ce qui ne peut mourir. Se dé-munir, ne plus même savoir ce que sont l'arc et la flèche. Juste le temps de se laisser porter. La vie travaille au-dedans.

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