lundi 4 janvier 2016

Fermeture

Toile de Jeffrey G. Batchelor

Il n’est de la nuit que le retour du jour,
mais la lumière est si lente à venir que les âmes se languissent et se dessèchent.
et se meurent à force de se tendre et d’espérer si âprement une réponse à ce silence intolérable.

La nuit est un cercueil qui broie les os des vivants et des morts comme on écrase l’inutile et  comme on abandonne aux chiens les oripeaux de nos corps épuisés.

C’est que la vie nous a trahis et nous berce dans la mollesse de ses jours qu’elle prétend sans fin, alors que nous savons l’échéance et le terme, tant est écrit dans la moindre de nos rides l’inéluctable fatalité.

Nos yeux sont noirs d’avoir pleurer tant de larmes sèches sur des illusions perdues et parfois retrouvées pour les perdre à nouveau,
nos bras sont lourds d’avoir tant porté les détresses enfouies de nos femmes et de nos enfants et de nos mères,
nos jambes ne savent plus ce que marcher veut dire et désormais nous refusent le moindre pas,
nos bouches n’ont plus de mots pour décrire le vide qui nous enserre,
nos oreilles voudraient que crève ce silence morbide et qu’il éclate en un chant vigoureux,
mais la peine est trop vive et le ciel trop sombre.

Alors que me dira-t-il celui qui sait tout à moi qui ai tout désappris, moi dont la mémoire à jamais effacée contemple un trou béant
et que dirai-je à ceux que j’aime qui peu à peu me quittent,
que me dira-t-il, maintenant que le désert m’a totalement vaincu ?

Il n’est de la nuit que le retour du jour, mais du jour que reste-t-il ?

2 commentaires:

  1. Texte infiniment douloureux ! Dans le corps et dans l'âme.
    Combien faut-il de naissances et de morts pour accéder à la connaissance? Combien de gouffres à explorer, combien de montagnes à escalader pour rompre les amarres?
    Questionnements difficiles.
    Partager des bonheurs simples en compagnie: boire un thé vert, un café cardamome, parler de poésie, vivre des moments de paix, de sérénité qui nourrissent ce corps fatigué et cette âme assoiffée.
    Avec toi pour tenter de soulager un peu de ta peine.

    RépondreSupprimer

  2. Je suis Les larmes versées et celles que Je ne verse pas
    Je suis Celui qui se déchire, lambeaux de chair pour mon Aimé
    Et je suis Celui qui devient poussière en ce feu consumé
    Je suis les cris lancinants, les écorchures et maintes tortures
    Je suis celui qui ne cesse d'appeler, encore et d'appeler en toi
    Je suis celui qui ne ferme aucune porte, et qui t'en montre mille à la fois
    Ô mon bien-Aimé, Je Suis Le Tout Possible, celui qui crée toutes les voies
    En mes Larmes, puisses-tu te baigner et retrouver la pure Joie
    Car je suis Celui qui abreuve Les Assoiffés autant qu'ils ont soif de Moi
    Et Je Suis Celui qui réserve des Pluies abondantes pour ceux mêmes qui ne voient pas.

    Naïla

    RépondreSupprimer