dimanche 17 janvier 2016

De profundis clamavi

Peinture de Paul Kelley, The future

Je suis entre ciel et terre, en ligne oblique ;
A mes côtés, mon corps repose tel un gisant
En prière, pétrifié en cette ultime supplique ;
Déjà la nuit tombe sur ce jour qui fut cuisant.

Je suis resté assis sur le seuil de mon âme
A scruter l'horizon ; c'est l'histoire de ma vie.
Je ne sais si le matin s'ouvre sur un drame
Qu'il me faut traverser sans ration de survie,

Ou s'il se lève, drapé de sa plus belle aurore,
Sur un mirage nouveau, plus terrible encore.
Je me souviendrai toujours de ce premier jour ;

Ma mère me tenait la main, j'allais à l'école ;
J'ai ramassé dans le ruisseau son auréole ;
J'en eus, je crois bien, le coeur brisé pour toujours.
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De profundis clamavi : «Des profondeurs, je t'appelle. »
Première ligne du Psaume129.

2 commentaires:

  1. Le sentiment d'abandon est terrifiant, pire que la mort, l'anéantissement.
    Mais l'enfant tient fermement son ours contre lui alors il ne peut rien lui arriver.

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  2. Mon cher Marc,
    Vous nous ramenez à notre humanité et vous avez raison!
    Nous rappeler notre faiblesse native est tout à fait salutaire. Et comme on dit en Héraldie, je vous souhaite la bonne nuit.

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