jeudi 30 avril 2015

An old world

Painting by Setowski 

I com from a world 
That vanishes in the mist 
Of modernity 

Music, painting, poetry 
Where the door of a new world. 

Vogue la nef Héraldie !



Dis, capitaine, y a-t-il encore du rhum à bord ?
Très bien, dans ce cas-là, nous fêterons la chose
Comme il se doit, voiles hissées et barre à tribord :-)
Une fois n'est pas coutume, c'est pour une noble cause.

Nous tanguerons de conserve, comme disent les marins,
Nous laissant aller au gré des vagues écumantes ;
Pas question de boire une tisane de romarin !
Nous lèverons nos verres à nos bienaimées amantes

Et déclamerons des vers à leur intention ;
Tu compteras les syllabes, je ferai la rime ;
Gare à ma botte secrète, je suis forte en escrime !

Gabiers, hissez la grand-voile et faites attention
A ce que notre nef vogue bien par vent arrière ;
Sus à la flibuste et bottons-lui le derrière !

D'or à quelques monstres

Composition de l'auteur

Mille poissons-bouddhas dans la lumière blonde
D’un étrange univers où circulent des eaux
Que peuple, semble-t-il, une faune féconde
Et que mille canaux arrangent en réseau.

Un hexapode-lion, nageant en eau profonde,
Laisse aujourd’hui en paix les canards des roseaux ;
Sans crainte de sa griffe, ils s’ébattent dans l’onde,
Leur joli cœur empli de leurs rêves d’oiseaux.

Le poisson-bouddha rit à tort et à travers ;
Son rire, cependant, n’est nullement pervers,
Il égale en douceur la source qui murmure.

Le roi des animaux, d’un plus sobre maintien,
Ne rit que rarement ; souvent, il se retient,
Couvert de son silence, ainsi que d’une armure.

Cochonfucius

Arbre qui parle

Composition de l'auteur

Un arbre grandissant loin de tous les rivages
Invente, pour lui-même, un dialecte sauvage.
Le sens de sa parole est loin d’être évident,
Les animaux des bois tremblent en l’entendant.

Le boeuf, captant le son de la langue rugueuse,
Traduit aux échassiers ces paroles fougueuses ;
Les oiseaux, découvrant ces mots désordonnés,
Respectent, pour leur part, un silence étonné.

De cet arbre parleur, quand le discours s’achève,
Les animaux, pensifs, partagent les beaux rêves.

Cochonfucius

Il pleut sur Paris



Il pleut sur Paris ; les gens tirent une morne figure,
N'ayant pas allumé le soleil de leur cœur.
Ces larmes, est-ce de joie ou de peine qu'elles sont l'augure ?
Et ce ciel si triste, sur qui verse-t-il ses pleurs ?

Est-ce sur moi, âme égarée d'un monde en dérive ?
Ou sur toi, lecteur de passage qui, trop pressé
Pour te poser, nous regardant depuis ta rive,
Te dis : « Je cherche l’Éden, mais où donc m'adresser ? »

Cette question ! Nulle part qu'en toi-même, pauvre patate !
Dans un monde gouverné par les ploutocitates,
Tu n'as droit qu'à un parc à cubes amélioré.

Tu t'imagines qu'il y en aura pour tout le monde ?
L'offre diminue et la demande surabonde ;
Les choses n'ont pas fini de se détériorer.

Le spectre à trois faces

Petite histoire du feu

Puisque l'on allume ici les bougies, ce billet sur l'histoire du feu vient fort à propos. Comment les hommes s'y prenaient-ils pour allumer du feu ? Ces six chromolithographies de la Belle Époque en retrace les grandes étapes.

Héraldie a trois ans !



Aujourd'hui, 30 avril 2015, Héraldie allume sa 3e bougie. L'idée d'un blog consacré à l'héraldique est née d'un écu en bois que j'avais fabriqué pour un petit garçon qui aimait bien jouer au chevalier. Ce blason figure d'ailleurs en première place dans la galerie de l'image d'en-tête. Conjointement, le fait d'avoir travaillé durant de nombreuses années sur l'héraldique avec mes élèves et disposant ainsi d'une bonne collection de blasons originaux emporta la décision. Je me souviens très bien de ce lundi 30 avril 2012. J'étais alors en salle d'informatique avec un élève, Angelo (un prénom de bon augure) qui m'avait demandé comment l'on s'y prenait pour créer un blog. Il a donc assisté à la création d'Héraldie dont je ne pensais pas alors que ça nous mènerait aussi loin.  

Trois années après, le blog est devenu une référence dans l'univers héraldique et dépasse aujourd'hui très largement le million de visites. Celles-ci nous viennent du monde entier et ont permis d'établir des contacts intéressants et à tisser des liens féconds avec des internautes de nombreux pays, autant dans le domaine proprement héraldique que dans bien d'autres dans lesquels ce blog s'est fait remarquer. Les dix pays de tête sont, par ordre décroissant : la France, les États-Unis, la Belgique, l'Allemagne, le Canada, la Suisse, la Russie, l'Espagne, l'Algérie et le Royaume-Uni.

Plus de 2200 billets, à ce jour, riches d'environ 35 000 images, évoquent les thèmes les plus variés (d'ailleurs cités en en-tête), avec deux dominantes : l'héraldique et la poésie. Cette dernière a pris une ampleur considérable à partir de la venue sur ce blog d'un fameux poète-fabuliste : j'ai nommé Cochonfucius, l'homme-aux-mille-sonnets ! La contagion n'a pas manqué de se produire. Depuis lors, d'autres plumes se sont ajoutées, d'où l'idée de fusionner la Communauté du blason et le Cercle de poètes retrouvés, car les deux sont désormais liés, et là encore, c'est Cochonfucius et sa poésie héraldique - innovant par là un genre inédit - qui l'ont inspirée. J'ai à maintes reprises eu l'occasion de saluer son immense et précieux travail. Je lui renouvelle tous mes compliments admiratifs et chaleureux et je sais qu'ici tout le monde s'y associe sans condition. Je remercie également Pierrette sans qui Héraldie ne serait pas ce qu'elle est et se serait d'ailleurs définitivement envasée, à une époque où ma motivation était au plus bas. Elle est un des piliers de fondation du blog et je sais qu'il est solide et déterminé. Mais comment oublierais-je Marie-Louise et Justine, deux poétesses inséparables, des femmes de cœur et d'esprit, irréductibles et définitives, qui occupent ici une place telle, que je ne trouve pas même les mots pour la qualifier. Je les remercie toutes deux d'être avec nous et, plus que tout, d'être ce qu'elles sont.  

La venue d'Esther Ling, la Dame de Hortus Closus, a été un moment très important pour Héraldie. Sa poésie, semblable à un petit bouquet de fleurs fraîches et parfumées que l'on pose chaque jour sur la table, témoigne d'une sensibilité féminine rare, d'une élégance et d'une humilité qui touchent toux ceux qui la lisent fidèlement. C'est une femme de cœur et d'esprit, de force et de douceur. Qu'elle soit remerciée. Je le dis en m'inclinant. Elle trouvera cet honneur trop grand mais je ne saurais faire moins.  

Nous ont également rejoints deux autres jeunes plumes de talent, Lisa et Arianne, dont les compositions sont fort appréciées. Elles ont ici table ouverte. Enfin, j'ai une pensée particulière pour Nicole de Bodt dont nous n'avons plus de nouvelles depuis longtemps. Nicole, si vous passez par là, faites-nous un signe de vie, ce serait vraiment gentil. Qu'êtes-vous devenue ?  

Je conclus en évoquant une autre poétesse (ce mot induit toutes les qualités de la chose) : Curare, Celle-de-Personne, la Muse Errante, une fine lame de la poésie, une maîtresse du sonnet, qui a fait ici des incursions remarquables et remarquées et dont nous regrettons le départ et le silence. C'est une femme que l'on n'oublie pas. Curare, je sais que vous êtes toujours là, quelque part. Marc le Blasonneux vous salue bien.

Longue vie à Héraldie, à Pays de Poésie et à Hortus Closus !

mercredi 29 avril 2015

Allô... c'est l'Archange Gabriel ?

Voilà, c'était pour te dire, ayant appris récemment, sur ce même blog, que tu es en fait le saint-patron des nouvelles technologies multimédias, eh bien que, là en-bas, ils sont tous devenus complètement mabouls. Dis, tu ne pourrais pas t'arranger pour leur envoyer, genre un brouillage cosmique ? 

Photographie du Huffington Post

Dans les rues, je n'ai pas besoin de me masquer
Car les passants, qui sont dans leur bulle, ne se rendent
Compte, mais d'absolument rien ; les uns sont casqués,
Les autres, qui tripotent leur sainte prothèse, n'entendent

Parler qu'eux-mêmes. Que peuvent-ils bien se raconter ?
Branchés sur le monde mais débranché du contexte !
Comment voulez-vous qu'ils puissent un jour affronter
Le réel qui vient, qu'ils fuient sous tous les prétextes ?

Le nombrilisme trouve dans les joujoux actuels
Les moyens de s'étaler sur la place publique ;
Et toi lecteur, qui me lit d'un regard oblique,

Fais-tu partie, pour parler en termes factuels,
De ce que j'appelle le tsunami narcissique,
Ou as-tu réussi à rester moins basique ?

Le spectre à trois faces

Dandelion

Painting by Stéphanie Leydet

Forget tomorrow !
Dance till the end of life,
Enjoy this instant!

Tomorrow, our ashes
Will be blown like dandelion.

Esther Ling

Phil Collins - Easy lover

 

She'll get a hold on you, believe it
She's like no other
Before you know it you'll be on your knees

Superfétation

Image du Blog rosatubes.centerblog.net













Lecteur, si tu devais ne pas priser mon style, 
Ne te fatigue pas à me le faire comprendre ; 
Comme je n'en changerai pas, c'est donc inutile ; 
Non pas qu'il ne me reste rien à apprendre, 

Mais n'ayant pas l'once d'une prétention littéraire, 
Je me sens entièrement libre de mordre 
A belles dents dans le gras, pratique certes téméraire 
Mais assumée car je ne suis pas aux ordres. 

Je te concède que ça fait office d'exutoire ; 
Mais c'est tout de même bien mieux que de s'empiffrer ; 
Cela dit, au risque d'être superfétatoire, 

J'ajouterai que nul n'est tenu de me lire ; 
Certains sont plutôt allergiques aux mots soufrés ; 
D'autres s'en délectent et même, ça les fait bien rire. 

Le spectre à trois faces
(qui s'en paye une tranche)

Une époque formidable

D'argent à un abruti assis sur la courtoisie, une femme enceinte le priant de lui céder sa place, un nuage en chef d'où sort une foudre dirigée vers la dextre, c'est-à-dire vers ledit abruti, le tout de sable. (Composition MS d'après la conception et le blasonnement de l'auteur)

Il m'arrive de prendre le bus, si si. La dernière fois, je fus témoin d'une scène que je mettrai dans mes anthologies parisiennes. La chose mérite d'être rapportée car elle illustre le degré de grossièreté dont certains individus font montre. Grossièreté ? C'est un euphémisme, bien sûr. Donc, à un arrêt, une femme, visiblement enceinte, monte dans le bus. Toutes les places assises sont prises. Elle s'adresse alors à un homme d'un âge indéterminé, disons entre 35 et 45 ans. 

Songe de sirène

Composition de l'auteur

Trésor de sirène, es-tu véritable ?
Je te vois briller au fond du ravin ;
Souvent, d’un village, un plongeur s’en vint,
Croyant réussir un coup profitable.

Tous ces beaux objets, il les prit en vain.
Sirène farceuse et peu charitable,
Ton don d’illusion est bien redoutable ;
En sable se fond le métal divin.

Ainsi, le plongeur s’en va, les mains vides,
Ne comprenant pas la magie perfide,
Sa vue se troublant, son cœur se fendant.

Sirène des mers, tu n’es pas prospère,
Mais tu ris souvent (du moins, je l’espère)
Du naïf plongeur, éternel perdant.

Cochonfucius

Jongleur-loup

Composition de l'auteur

Jongle avec les quintefeuilles,
Jongleur-loup d’or et d’argent ;
Danse sous le ciel changeant
Du village qui t’accueille.

Nous te verserons le vin
De nos meilleures vendanges ;
Il a fait danser les anges,
Tu n’en boiras pas en vain.

Loup jongleur, loup niguedouille,
Nous savons que tu as faim ;
Nous te donnerons du pain,
Tu mangeras de l’andouille.

Cochonfucius

Les plaisirs de la navigation à la Belle Époque

Cette série de douze chromolithographies de 1900, dans le plus pur style de la Belle Époque, illustre différents types de bateaux destinés à la petite navigation, à la plaisance ou au loisir : l'as, le bateau de pêche, la barque du passeur, le canot de baignade, le canot de course, les petits bateaux des Tuileries, la gondole vénitienne, la pirogue indienne, la jonque japonaise, le périssoire, le voilier et le yacht. Les images étant dans une haute résolution, il se pourrait qu'elles mettent un certains temps à se charger.

Dans l'attente de la Muse

 Toile de Mélanie Delon

Je vais me coucher ; j'ai encore veillé fort tard,
Pour ne trouver aucun mot qui me satisfasse ;
En général, les mots me satisfont peu car
Je leur trouve un tel arrière-goût de mélasse

Que je préfère autant ne pas les tartiner
Sur une feuille, ou plutôt sur un écran numérique ;
Muse, il me faut souvent longtemps piétiner
Pour qu'enfin tu daignes venir en ma boutique ;

Certains soirs, tu es immensément généreuse ;
D'autres, tu sembles n'avoir jamais existé !
Tu fais de moi une poétesse bien malheureuse.

J'ai l'air comme ça, mais je ne t'en garde point rancune ;
Je comprends bien, tous ces poètes à assister...
Attends, il me manque une rime, n'en as-tu aucune ?

mardi 28 avril 2015

Train fantôme


Est-ce à cause de toi que le monde se désenchante ?
Fais-tu partie de ceux qui alimente le four
De l'appétence qui nous mène tous vers la descente
En enfer, en se parant des meilleurs contours ?

Entends-moi bien : je me fiche de ce que tu penses,
Encore plus de ce que tu dis ; tes mots sonnent creux
Et tes bons sentiments convenus n'ensemence
Que la blablamétrie ambiante des rêves terreux.

Quand je regarde comment tu agis, ça fait tache !
L'arbre se reconnaît à ses fruits, que je sache.
Tu dis qu'une goutte n'est rien dans un si vaste océan ;

L'ennui, c'est que vous êtes des millions à le croire,
Masse liquide qui regarde, soumise, s'écrire l'histoire
D'un train de nuit fantôme en route pour le néant.

Le spectre à trois faces

Delusion


I go on my way,
I do not listen to the
Words of delusion.

I am a fallen angel,
I only cross this grey world.

Esther Ling

Trois hiboux d'or

Composition de l'auteur

Marchent trois hiboux d’or, sans prendre leur volée,
Priant comme le font les moines indulgents ;
Ils quittent le manoir et ses tours crénelées,
Vers la sombre forêt lentement voyageant.

Bien plus impressionnants que sous leur forme ailée,
Ils tiennent à distance un cavalier d’argent
Qui poursuivra, sans eux, sa croisade esseulée,
Dans l’univers de sable obstinément plongeant.

Pour eux, la nuit se passe en trajets circulaires,
Ils ont coutume, ainsi, d’attendre l’aube claire,
Répétant plusieurs fois leur parcours insomnieux.

Si tu croisais, un soir, leur route giratoire,
Donne à chacun d’entre eux un sou propitiatoire,
Et que ton geste soit des plus cérémonieux !

Cochonfucius

Serpent exoplanétaire

Composition de l'auteur

Un soleil triple, et pas d’humains,
Quel curieux genre de planète,
Quarante pommes de rainette
Et pas une paire de mains.

L’arbre est présent, avec son fruit,
L’humanité en est absente ;
Qui faudra-t-il donc que je tente,
À qui ferai-je des ennuis ?

Ainsi songeait un vieux serpent
De sinople parmi les branches,
Se désolant dans l’aube blanche
De son astre sans habitants.

Cochonfucius

Force de l'instant

Toile de Daniel F. Gerhartz

Il y a ceux dont le seul désir est de vivre
De la meilleure façon leur courte existence,
Ayant pour juste ambition de rester libres,
D'avoir le nécessaire et même un peu d'aisance.

Il y a ceux pour qui rien n'est jamais suffisant,
Voulant toujours plus qu'ils n'ont et bien davantage ;
Se haussant le plus possible et méprisant
Quiconque ne leur est pas de quelque avantage.

Si beaucoup font le rêve de la célébrité,
La plupart n'a que faire d'une gloire vaine et futile,
Se souciant de bien manger et bien s'abriter ;
Pour le reste, c'est point de refus, quoique peu utile.

S'ajuster au monde, s'accommoder avec soi
Et garder la mesure ne sont point choses acquises ;
Chaque jour le destin nous surprend ou nous déçoit ;
L'on prend souvent sur soi, cette raison est requise.

Le matin qui vient est peut-être le dernier ;
Je le salue comme tel car c'est le plus intense ;
Vivre c'est mourir chaque jour, pourquoi le nier ?
Mais alors, quelle force dans chaque instant ; c'est immense !

L'essentiel ne peut-être qu'en nous, pas ailleurs,
Et l'y chercher c'est s'assurer d'être de reste ;
La nature qui nous commande est notre bâilleur ;
Toute relation qui nous en détourne est funeste.

Cette sagesse est vieille comme le monde car les Anciens
Ne furent certes pas moins humains que nous ne le sommes ;
Leurs écrits demeurent et chacun peut les faire siens ;
Mais rien ne vaut de penser par soi-même en somme.

Les environs de Paris par les chromos anciennes

Enghien, l'église de Saint-Denis, Monthéry, Versailles, Saint-Germain, Vincennes, et Saint-Cloud comptent parmi les endroits les plus prestigieux et les plus célèbres des environs de Paris. Petit tour d'horizon par les chromos anciennes...
 

lundi 27 avril 2015

A rose


A rose doesn’t lie,
Its thorns, its colors, its
Scent are true, real.

The rose exists by itself.
It is not here to please.

Esther Ling

Sincerity


Nothing matters in
A world where anything is
Fake, sham, pretended.

Solitude and silence are
A nest of sincerity.

Esther Ling

Fleurs de nuit

Certaines fleurs ont la particularité de s'épanouir durant les heures nocturnes, tels le Cierge grandiflore, l'Oenothère des prés, la Merveille du Pérou, la Victoria regia, la Julienne et la Jacinthe tubéreuse, pour ne citer que les plus connues et illustrées par des chromolithographies de la Belle Époque.

La roue des anges 2 : les neuf Archanges régents


Le mot « archange » est issu du grec arkhé qui signifie « commandement ». Les Archanges ont pour fonction d'intervenir sur la dimension mentale de l'être humain. Porteurs de la connaissance, ils éveillent l'intellect humain à la faculté de discernement. Ils contribuent à réunir la Voie Mystique de la foi et la Voie Héroïque des œuvres. Ils mettent la Vérité à la portée de l'homme et veillent à ce que, ce qui est en bas, soit comme, ce qui est en haut. Ils adaptent les Lois Divines au Monde Physique. Ces êtres appartiennent à une famille différente des Anges. Dans certains textes apocryphes (le Livre d'Esdras, le Livre d'Hénoch, certains textes rabbiniques), on les présente comme les chefs de l'armée céleste. 

Deep Forest - Terre du Milieu


Je n'ai rien à te dire ce soir

Toile de Tom Bagshaw

Je n'ai rien à te dire ce soir ; tu me fatigues ;
Je me tue à vouloir éclairer ton cerveau
Ou ce qui en tient lieu ; mais toi tu mets des digues,
De peur que mon fluide acide n'inonde le caveau

De tes basses pulsions que tu couvres d'une posture,
Histoire de donner le change ; tu es capable
De te mentir à toi-même, de croire qu'une peinture
Sur sa façade rend une demeure fréquentable ;

Mais de la sorte, tu n'attireras que des sots
Dont la sottise donnera un peu à la tienne
Illusion d'intelligence, jusqu'à ce que vienne

L'heure d'en prendre la mesure, de vider les seaux
Du bouillon insipide que tu t'obliges à boire.
N'oublie pas : qui a bu est enclin à reboire...

Le spectre à trois faces

PS : Toi qui viens de lire ces lignes,
si jamais tu devais te sentir concerné(e),
ne te crois pas simplement cerné(e)...

Un rêve étrange

Toile de Mélanie Delon 

L'Amie, j'ai fait de toi un rêve étrange ;  
J'étais assise seule sur un banc, dans le jardin ;  
Je te vis venir vers moi ; l'on eût dit un ange ;  
Tu étais une belle femme-papillon, l'air chagrin ;  

Tu t'approchas de moi et dis : « Ma bonne Justine,  
Je suis triste et dans le plus sombre désarroi.  
- Que t'arrive-t-il ma mie ? - Il faut que je butine,  
Mais je ne trouve plus la moindre fleur à nul endroit. »  

Ce disant, tu partis comme tu es apparue ;  
Je te revis marcher dans un pré, la tête basse,  
Comme accablée ; puis de mes yeux tu disparus !  

Je me suis alors réveillée, toute secouée,  
Me parlant en moi-même, très inquiète : « Il se passe  
Quelque chose... Oui, un événement s'est joué... »

Trois anges d'argent

Composition de l'auteur

Cet ange premier-né de tous se voulut père,
Que le monde pourtant n’alla reconnaissant,
Sinon l’ange son fils, terrible adolescent,
Trentenaire tardif à trouver ses repères.

Puis l’ange Saint-Esprit défia l’Adversaire,
Mais il craignit, soudain, les renards glapissants ;
Trois anges désolés, dans le soir finissant,
Sur ce monde perdu longuement conversèrent ;

— Comment, de l’univers, soulager les douleurs ?
— Nous pourrions essayer d’en changer les couleurs.
— Bonne idée, c’est d’accord. Faisons-le, sans attendre.

— Sais-tu comment s’y prendre ? — Ah, non. — Et toi ? –Nenni.
— De nos pauvres cerveaux le bon sens est banni.
— Nous ! Des anges, pourtant. C’est à n’y rien comprendre.

Cochonfucius

Sagesse des échassiers

Composition de l'auteur

Au bord d’un chemin vicinal
Sont deux échassiers qui cultivent
La terre arrosée par l’eau vive
Au joli mois de Germinal.

Ils auront une moisson d’or,
Beaucoup de grappes généreuses
Et quelques poires savoureuses ;
L’aragne les applaudit fort.

Ah ! Que ne suis-je un échassier
Si sûr d’une bonne récolte ;
Au pauvre barde désinvolte
N’échoit tel revenu princier. 

Cochonfucius