dimanche 6 décembre 2015

Traversée

Peinture aborigène de Sarrita King


La soif est ma vertu, 
Le désert à ma porte comme un fleuve fatal 
Qui assèche ses rives… 
Nul n’entrera où je réside, 
Où la lumière écrase et n’éclaire pas, 
Où la chaleur anéantit les souffles.

La nuit du désert me glace et me voici privé du goût de l’absence. 
Le désert à chaque entrée et me voici privé de la caresse du vent, des parfums du lointain…
Le désert a submergé mon jardin d’Éden et me voici privé du regard que j’aimais et des chants qui peuplaient mon amour. 
Je suis prisonnier de son invincible lenteur, 
Je n’ai plus ni arme ni monture pour vaincre sa vacuité immense, 
Aveugle et sans voix, je ne sais ni me diriger ni crier ma détresse… 
Et sur cette route sans route, dans cette nuit sans nuit, 
Le moindre de mes pas s’efface et me ramène, inexorable, à mon point de départ, 
Dépouillé de mon rêve et de ma volonté…

1 commentaire:

  1. Et pourtant comme les fleurs qui nous viennent de ce désert sont magnifiques!
    Un voile de tendresse
    Sur cette détresse
    Douceur d'une mélodie
    Pour guider votre route.
    "Le désert cache un puits
    Quelque part"

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