mardi 1 décembre 2015

La mesure de la jeunesse

Toile de Steve Delamare

L’une des grandes folies de la jeunesse, celle qui la caractérise le mieux, c’est l’extrapolation de toute chose, de la plus infime à la plus titanesque.
Vieillir, c’est se courber pour entrer dans le cadre de la mesure, c’est se réduire pour être d’une taille relative aux jours restants,  et c’est couper la moindre chose en deux, pour surtout ne pas en abuser, particulièrement en amour.
C’est pourquoi, ce qui réellement est admirable en vieillissant, c’est de conserver les idées aux traits immenses qui rendent tout projet formidable, les lunettes aux verres grandioses qui donnent l’impulsion première aux amples pensées, et la fine lame qui taille dans l’esprit suffisamment de place pour les plus vastes rêves.

3 commentaires:

  1. "Vieillir, c’est se courber pour entrer dans le cadre de la mesure, c’est se réduire pour être d’une taille relative aux jours restants..."

    J'aurais aimé écrire ces mots.

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    1. Quel beau compliment, merci mille fois.

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  2. Oui, qu'elle ouvre des clairières vastes comme des prairies !
    Nous nous roulerons dans l'herbe que mille fleurs parfument,
    Et laisserons aller, libres, nos rêveries
    Que ce monde ne nous promet qu'à titre posthume.

    L'Amie, nous vivrons à la mesure des instants
    Dont nous boirons la sève jusqu'à l'ivresse divine,
    Rien qu'en l'infime de nous-mêmes mais immensément.
    Telles sont les riches heures de la douceur angevine,

    Nous ne courbons jamais l'échine devant les sots
    Car nous sommes femmes franches ayant leur propre sceau.
    Les affiches n'étalent que bonheurs de pacotille ;

    L'esprit captivé finit toujours capturé ;
    Bientôt, la liberté se retrouve emmurée.
    Chacun construit en soi-même sa propre Bastille.

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