mercredi 30 décembre 2015

Fou

Autoportrait présumé de Francisco de Zurbarán (1598-1664)
Extrait de Saint Luc en peintre devant la crucifixion, 1635-1640.

Souvent on entend dire de lui qu’il est fou
Sa vie ne ressemble pas à celle des autres
Du pur amour il se prétend être l’apôtre
Devant lui seul il aime se mettre à genou

Mais il ne s’en sent pas prisonnier pour un sou
Épris de liberté en son sein il se vautre
Nous faisons de cette dure quête la nôtre
Eluard ne fait pas exception pour le coup

« Je suis né pour te connaître / Pour te nommer »
Même le pire tyran va s’en réclamer
Se croyant libre alors qu’il est son propre esclave

Puisque soumis à ses insatiables pulsions
Contre elles « le fou » a sonné la rébellion
On ne peut être libre que si l’on s’entrave

Vincent

1 commentaire:

  1. Ce fou ne sait fixer son attention sur ce qui disparaît
    Robe flottante, les yeux rivés jusqu’au vertige, en son Aimée
    Confie au fleuve de L’immensité, ce frémissement de vie
    Les tresses enchevêtrées de sa Reine sont une ceinture serrée
    S’y accroche pour L’Éternité, dans le secret des Fluviales nuits
    Ce fou titube, ivre des fragrances d’une irréelle forêt
    Dans le secret des profondes veillées, La vision est sublime
    Une illumination incandescente qui éclaire ses noires abîmes
    En cette intensité, en cette exaltation, hante-moi jusqu’à la folie
    Mes yeux s’étourdissent en ce qui ne jamais commence, ni ne jamais finit
    La terre est le lit de ma passion, d’elle jaillit cette effervescence
    Cette argile devenue réceptacle des lueurs de L’Aube évanescente
    Je suis le fou, fou du souvenir que me chante L’Amour Ultime
    Je ne suis plus rien, m’évanouissant, atteignant l’invisible cime.

    Naïla

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