vendredi 11 décembre 2015

En cette profondeur

Peinture de Mitra Shadfar

Il est en notre sein des âmes si cristallines
Qu'on en vient à douter de leur réalité ;
Bien étranges paraissent leurs paroles, bien sibyllines ;
Leur bouche jamais ne profèrent de banalité ;

Elles vivent plutôt en retrait, sur les bords du monde,
Loin des jours déchirés et de leur vain tumulte,
Préférant le haut silence que leur esprit sonde
Et faisant de l'Amour seul l'objet de leur culte.

Que l'on ne s'y méprenne, ces âmes contemplatives
Ne sont point stériles mais immensément actives,
À un degré et une échelle insoupçonnés.

Quand tu seras las de poursuivre tes chimères
Et auras bu jusqu'à la lie la coupe amère,
Écoute en ta profondeur leur chant résonner...

5 commentaires:

  1. Marc c'est un magnifique texte. C'est cette beauté-là qui fait la transparence et le cristal de ces âmes par la magie de l'Héraldie.

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  2. On dit que la contemplation est la plénitude de l'action. Elle en est donc le principe comme le silence est le principe du son et que le vide au sens absolu, loin d'être le néant, est en réalité le principe de la manifestation universelle. C'est dire qu'un principe est tout à la fois l'origine d'une chose, son contenant et sa fin.
    C'est pourquoi la tradition chinoise parle de moteur immobile et représente souvent le monde par une roue qui tourne grâce à son moyeu : le centre est parfaitement immobile et vide et pourtant sans lui point de mouvement.
    Or, en ce monde où tout le monde ne jure que par l'action pour l'action, il est bon de rappeler que sans contemplation, autrement dit, sans relation consciente avec l'ordre principiel toute action n'est que pure vanité.

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  3. Il me semble que l'Empereur de Chine était sensé se tenir immobile dans son palais au centre du monde pour que le monde tourne convenablement...ou/et pour le relier aux forces cosmiques?

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