vendredi 4 décembre 2015

Ami, entends-tu...

Toile d'Igor Voloshin

Longtemps, nous pûmes vivre en paix car nous exportions
La guerre ailleurs, en lui donnant caution morale,
Faisant mine de croire aux valeurs que nous portions,
Pensant n'entendre plus jamais siffler les balles.

Nous eûmes le verbe généreux, d'autant que les mots
Se laissent dire, comme on sait, et que dire égale faire ;
En semant l'illusion, nous répandions nos maux ;
Il faut ce qu'il faut, les affaires sont les affaires.

Nous crûmes tourner de l'Histoire les pages du passé,
Ignorant que notre époque est la croisée
De ses arriérés ; vient l'heure de solder les comptes.

Souvenons-nous : « Ami, entends-tu le vol noir
Des corbeaux sur nos plaines... » Voici le grand soir ;
Pour l'heure, nous n'avons eu droit qu'aux premiers acomptes.

JW & MS, Le spectre à trois faces

4 commentaires:

  1. C'est malheureusement un sentiment que je partage. C'est important d'écrire sur la question, il y a urgence à comprendre.

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  2. Nous vivons à crédit depuis bien longtemps. Dans tous les domaines. Je pense comme toi que nous commençons à peine à rendre des comptes.
    Soizik

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  3. They hated the west since centuries...

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  4. JR.

    Je n'épiloguerai pas sur le sujet car pour certains je passerais soit pour un extrémiste soit pour un anarchiste.
    Je me contenterai donc de dire:
    "Vous avez tous raison".

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