samedi 21 novembre 2015

De la tourmente à venir

Toile d'Eve Ventrue

Même pas peur ? C'est louable mais un peu vite dit ;
Cela tient davantage de la fanfaronnade,
D'autant plus que ça ne coûte pas même un radis ;
Qu'en restera-t-il quand soufflera la tornade ?

En 14, ils partirent tous la fleur au fusil,
Disant qu'ils seraient de retour à la Noël ;
Très vite, le bleu horizon devint cramoisi ;
Le massacre prit un tournant industriel.

Je ne crois pas que les esprits aient tant changé
Qu'ils le paraissent. Quand viendra le temps de manger
Le pain sec et que partout siffleront les balles,

Nous verrons si cette nation a encore du sang
Dans les veines. D'un côté, je le crois et le sens
Car sa force n'est pas éteinte, seulement dormante. *

Le spectre à trois faces

* C'est plutôt des politiques que je doute fort
Et de la propension générale au confort.
Nous ne sommes jamais qu'au début de la tourmente.

3 commentaires:

  1. Je suis d'accord avec toi pour la peur, d'ailleurs quand j'entends les gens déclarer qu'ils n'ont pas peur, je pense à certains enfants dont je m'occupe qui déclarent n'avoir pas peur alors que c'est justement le sentiment qui les anime. Il faut vivre avec, garder ses habitudes au maximum, ça serait une victoire supplémentaire pour eux, les tyrans, après celle de Charlie Hebdo, plus un dessin sur mahomet ne fait polémique depuis celui qui a suivi le 7 Janvier, (Il était on ne peut plus lisse du point de vue de la provocation, il était même plutôt réconciliateur). Les salles de concert se vident, les rassemblement en hommage aux victimes n'attirent pas les foules, la peur est là. Accepterons nous de payer le prix de la liberté comme d'autres l'ont payé pour nous, combattants de 1914-1918 et les résistants de la tragédie suivantes, pour ne citer qu'eux, depuis et avant d'autres ont donné leur vie pour que nous puissions aller au concert, boire à la terrasse des cafés, dessiner ce que bon nous semble, pour que nous soyons libre.
    Je ne te suis pas, par contre, quand tu traces une ligne entre les "politiques" et nous. En France, on est en république, nous choisissons ceux qui nous gouvernent, libre à chacun de devenir un "politique" si ceux en place ne lui conviennent pas. Je vais même plus loin, à partir du moment où on a le droit de vote, on EST un politique. C'est peut-être aussi de l'avoir oublié, de s'abstenir de voter, de réclamer la comptabilisation du vote blanc, de ce comporter face à la politique comme des consommateurs, (Les produits d'aujourd'hui c'est pu ce que c'était bonne dame!) que notre liberté recule, recule, recule, jusqu'où ?

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  2. Si les dessins sur mahomet ne font plus polémique, c'est qu'il n'y en a plus, bien sûr, pas parce que les tyrans ne sont plus des tyrans.

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  3. D'accord avec toi, nous avons les politiques que nous méritons, c'est-à-dire que nous sommes, en tant que citoyens électeurs. Si j'ai l'air de les indexer parfois (les politiques), je n'oublie jamais qu'ils ne sont rien par eux-mêmes et qu'ils furent placés où ils sont par le choix d'une majorité d'électeurs qui se comportent, en effet et pour la plupart, comme des consommateurs... de promesses qui n'engagent que ceux qui y croient. Et si les mêmes sont chaque fois reconduits, avec l'illusoire balancier démocratique de l'alternance, c'est que les gens n'ont pas vraiment envie que ça change. Je parle du système. Ils veulent simplement une meilleure part du gâteau et, idéalement participer à la curée générale. Permettez aux gens de remplir leurs caddys et de s'amuser en toute insouciance et innocence et vous aurez la paix sociale, entrecoupée de quelques petites révolutions d'opérette de temps à autre.

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