vendredi 30 octobre 2015

Mamie

Toile de Caroline Lord (artiste américaine, 1860-1927)

Les samedis matin ma grand-mère écrivait 
Elle s’installait à la table de la cuisine
Je la regardais sans qu’elle ne le devine
Autour d’elle et en elle tout paraissait quiet

C’était plaisant de la sentir ainsi en paix
Bien souvent je déplorais son humeur chagrine
Je crois désormais en connaître l’origine
Elle a perdu brutalement un garçonnet

La mort d’un enfant c’est difficile à admettre
Dans l’écriture elle le retrouvait peut-être
Elle était comme ailleurs et je n’en souffrais pas

La voir aussi sereine était comme un mirage
Je conserve au fond de moi gravée cette image
En écrivant ces mots je la serre dans mes bras

3 commentaires:

  1. Très bel hommage à l'aïeule. Mais qu'écrivait votre grand-mère ? Je suppose que ces textes sont perdus ?

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  2. Merci Justine. Elle écrivait à sa soeur. Avec le téléphone, c'est une pratique que l'on a un peu perdu, encore qu'on la retrouve avec internet, le progrès parfois, c'est de reprendre les us et coutumes du passé car écrire, des lettres, des poèmes ou des commentaires de commentaires de poèmes, c'est entrer dans la profondeur, (La profonde heure, écrit Naïla) et prendre ce chemin c'est s'élever. Je vois que tu me vouvoies, ne t'offusque pas de mon tutoiement, je fait comme le dis Prévert dans son poème Barbara, "Je dis tu à tous ceux que j'aime".
    Bien à toi

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    1. Oui, la profonde heure... C'est en elle que nous désirons vivre. Cela se raccorde tout à fait à la thématique de l'instant qui a inspiré ici maintes compositions, notamment chez Marie-Louise en son recueil « Le chemin des étoiles ». Entrer en profondeur c'est aussi entrer en hauteur (s'élever). Nous rejoignons l'idée de convergence, chère à Marc et dont la devise pourrait être « La montagne a plusieurs versants mais un seul sommet ».
      Pour le tutoiement, pas de souci dès lors que je suis aimée :-)
      Bien à toi

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